Rupture conventionnelle 2026 : 3 mois de chômage en moins
À partir du 1er septembre 2026, l'indemnisation chômage après une rupture conventionnelle tombe de 18 à 15 mois pour les salariés de moins de 55 ans. Ce qui change.
À partir du 1er septembre 2026, la durée maximale d’indemnisation par l’assurance chômage après une rupture conventionnelle individuelle est réduite. En France métropolitaine, elle passe de 18 à 15 mois pour les salariés de moins de 55 ans, et de 22,5 ou 27 mois à 20,5 mois pour les 55 ans et plus. Seule compte la date de fin du contrat de travail fixée dans la convention de rupture, pas la date de signature. Les ruptures conventionnelles collectives ne sont pas concernées.
Ce qui change exactement au 1er septembre 2026
La règle vient de la loi n° 2026-470 du 11 juin 2026, qui transpose l’avenant n° 3 du 25 février 2026 au protocole d’accord relatif à l’assurance chômage. Elle crée un plafond de durée d’indemnisation réservé aux ruptures conventionnelles individuelles. Autrement dit, ce n’est pas le montant de l’allocation qui baisse, ni les conditions d’ouverture des droits : c’est le nombre de mois pendant lesquels vous pouvez être indemnisé qui est raboté.
15 mois
Durée maximale d’indemnisation en métropole pour un salarié de moins de 55 ans
20,5 mois
Durée maximale en métropole à partir de 55 ans, contre 27 mois auparavant après 57 ans
538 433
Ruptures conventionnelles homologuées dans le secteur privé en 2024, selon la DARES
Le détail par tranche d’âge, publié par le Code du travail numérique le 10 juillet 2026 :
| Âge à la fin du contrat | Avant le 1er septembre 2026 | À partir du 1er septembre 2026 |
|---|---|---|
| Moins de 55 ans (métropole) | 18 mois | 15 mois |
| 55 à 56 ans (métropole) | 22,5 mois | 20,5 mois |
| 57 ans et plus (métropole) | 27 mois | 20,5 mois |
| Moins de 55 ans (Outre-mer hors Mayotte) | 24 mois | 20 mois |
| 55 à 56 ans (Outre-mer hors Mayotte) | 30 mois | 30 mois |
| 57 ans et plus (Outre-mer hors Mayotte) | 36 mois | 30 mois |
Ce sont des plafonds, pas des durées automatiques. Votre durée réelle d’indemnisation dépend toujours du nombre de jours travaillés sur votre période de référence. Un salarié qui n’avait droit qu’à huit mois d’indemnisation avant la réforme aura toujours droit à huit mois après. Le changement ne touche donc que les carrières longues, celles qui atteignaient le plafond.
Quelle date compte vraiment pour vos droits
C’est le point que beaucoup de salariés vont manquer. Ce n’est ni la date de l’entretien, ni la date de signature de la convention, ni la date d’homologation par la DREETS qui détermine le régime applicable. C’est la date de rupture du contrat de travail inscrite dans la convention.
Concrètement, si vous êtes en cours de négociation, la date de sortie devient un point à discuter au même titre que le montant de l’indemnité. Nous détaillons la mécanique complète de la procédure et les marges de manœuvre dans notre guide sur la rupture conventionnelle 2026, et les leviers de négociation dans notre guide de négociation dédié.
Faut-il se précipiter avant le 31 août 2026 ?
La réponse honnête est : cela dépend de votre projet, pas du calendrier. Signer dans l’urgence une rupture conventionnelle mal négociée pour gagner trois mois d’indemnisation théorique est un mauvais calcul si l’indemnité de rupture, elle, est bradée. En 2024, 538 433 ruptures conventionnelles ont été homologuées dans le secteur privé selon les données de la DARES, en recul de 1 % sur un an : c’est un dispositif de masse, pas une opportunité rare qui se refermerait le 31 août.
En revanche, si votre départ était déjà acté et que la date de fin de contrat n’est pas figée, la question mérite d’être posée à votre employeur. Rien ne vous empêche de proposer une sortie fin août plutôt que mi-septembre.
Si vous partez pour changer de métier, le vrai sujet reste ailleurs : la durée de votre filet de sécurité change, donc votre plan de reconversion professionnelle doit tenir dans une fenêtre plus courte. Et dans un marché où le chômage atteint 8,3 %, trois mois de moins ne sont pas anodins.
Ce que la réforme ne change pas
Trois points restent identiques. D’abord, la rupture conventionnelle ouvre toujours droit à l’allocation d’aide au retour à l’emploi : le principe même n’est pas remis en cause, seul le plafond de durée bouge. Ensuite, le montant de l’allocation journalière est calculé comme avant, sur la base de votre salaire de référence. Enfin, l’indemnité spécifique de rupture conventionnelle, elle, n’est pas touchée : son plancher légal reste calé sur l’indemnité légale de licenciement.
Les ruptures conventionnelles collectives échappent au nouveau plafond. Un salarié qui quitte son entreprise dans le cadre d’un accord collectif n’est donc pas concerné par la réduction de durée.
Le texte de référence est consultable sur Légifrance. Cette évolution s’ajoute à d’autres changements de rentrée, notamment sur l’arrêt maladie au 1er septembre 2026.
Questions fréquentes
J’ai signé ma rupture conventionnelle en juillet 2026, suis-je concerné ?
Cela dépend de la date de fin de contrat inscrite dans la convention. Si votre contrat se termine au plus tard le 31 août 2026, vous restez sous l’ancien régime. S’il se termine le 1er septembre 2026 ou après, les nouvelles durées s’appliquent, même si la signature est antérieure.
Le montant de mon allocation chômage baisse-t-il aussi ?
Non. La réforme porte uniquement sur la durée maximale d’indemnisation. Le calcul du salaire journalier de référence et le montant de l’allocation d’aide au retour à l’emploi ne sont pas modifiés par ce texte.
Vaut-il mieux démissionner que signer une rupture conventionnelle ?
Dans la très grande majorité des cas, non. Une démission simple n’ouvre pas droit à l’assurance chômage, sauf cas de démission légitime ou projet de reconversion validé. Une rupture conventionnelle avec un plafond à 15 mois reste plus protectrice qu’une démission sans indemnisation.
Les seniors peuvent-ils obtenir une prolongation ?
La durée maximale pour les 55 ans et plus est fixée à 20,5 mois en métropole. Les règles générales de l’assurance chômage prévoient des dispositifs spécifiques pour les demandeurs d’emploi seniors, à vérifier auprès de France Travail au moment de l’inscription, car ils ne relèvent pas du plafond créé par la loi du 11 juin 2026.
Guillaume Coudert