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Évoluer et se reconvertir

Entretien de parcours professionnel : ce qui change pour vous

Au 1er octobre 2026, l'entretien professionnel devient l'entretien de parcours professionnel : tous les 4 ans, un bilan à 8 ans, et 3 000 euros en jeu pour vous.

Guillaume Coudert Guillaume Coudert 9 min de lecture
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Salarié et manager en entretien de parcours professionnel dans une salle de réunion, carnet et documents sur la table
Salarié et manager en entretien de parcours professionnel : un rendez-vous désormais plus rare, donc plus décisif.

Au 1er octobre 2026, l’entretien professionnel change de nom et de rythme : il devient l’entretien de parcours professionnel, ou EPP. Vous n’y avez plus droit tous les deux ans, mais tous les quatre ans, avec un état des lieux récapitulatif tous les huit ans au lieu de six. Deux rendez-vous s’ajoutent au calendrier, l’un autour de 45 ans, l’autre dans les deux années qui précèdent vos 60 ans. Et si votre employeur ne tient pas ses obligations sur huit ans, votre compte personnel de formation est crédité de 3 000 euros.

Ce qui change vraiment au 1er octobre 2026

4 ans

entre deux entretiens, contre 2 ans jusqu’ici

8 ans

périodicité de l’état des lieux récapitulatif

2 mois

délai après la visite médicale de mi-carrière

3 000 €

abondement du CPF en cas de manquement

L’entretien de parcours professionnel est issu de la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025, qui transpose les accords nationaux interprofessionnels sur l’emploi des salariés expérimentés et sur le dialogue social. Il remplace l’entretien professionnel institué en 2014, dont le défaut était connu de tous : réalisé tous les deux ans, à la chaîne, il s’était réduit dans beaucoup d’entreprises à une case à cocher.

Le principe reste le même, et il vaut la peine d’être rappelé parce que les entreprises l’oublient régulièrement : cet entretien ne porte pas sur votre performance. Il n’a rien à voir avec l’entretien annuel d’évaluation. Il est consacré à votre parcours, à vos compétences, à vos besoins de formation et à vos souhaits de mobilité. Il se tient pendant votre temps de travail, et c’est à l’employeur de l’organiser.

Le comparatif, avant et après

Sujet Entretien professionnel Entretien de parcours professionnel
Périodicité Tous les 2 ans Un premier entretien dans l’année suivant l’embauche, puis tous les 4 ans
État des lieux récapitulatif Tous les 6 ans Tous les 8 ans
Rendez-vous spécifiques Aucun Dans les 2 mois suivant la visite médicale de mi-carrière, et dans les 2 ans avant les 60 ans
Contenu Évolution et formation Compétences, formation, mobilité, CPF, conseil en évolution professionnelle, usure professionnelle, fin de carrière
Accord collectif prévoyant plus de 4 ans Possible Caduc au 1er octobre 2026

Dernier point, qui concerne directement les salariés en contrat court ou en mission : les intérimaires, les salariés mis à disposition d’une entreprise d’accueil et ceux qui interviennent dans le cadre d’une sous-traitance sont exclus du dispositif.

Un entretien tous les quatre ans, donc un entretien qui compte double

Espacer les rendez-vous n’est pas une bonne nouvelle en soi. Quatre ans, c’est le temps qu’il faut à un métier pour se transformer, à une compétence pour se démoder, à une envie de bouger pour s’installer ou pour s’éteindre. Concrètement, vous aurez moins d’occasions officielles de parler de votre avenir avec votre employeur. Chacune compte donc davantage.

Ce que la loi met désormais noir sur blanc au menu de l’entretien joue en votre faveur. Y figurent vos compétences et leur évolution possible, votre situation face aux transformations de votre métier, vos besoins de formation, vos souhaits d’évolution ou de reconversion, l’activation et l’abondement de votre compte personnel de formation, et le conseil en évolution professionnelle. Autrement dit : si vous arrivez avec un projet de bilan de compétences, de validation des acquis de l’expérience ou de projet de transition professionnelle, vous êtes dans le sujet, pas hors cadre.

À savoir aussi : l’entretien reste obligatoire au retour de certaines absences longues, si vous n’en avez pas bénéficié dans les douze mois précédents. Congé de maternité, congé parental, congé d’adoption, congé de proche aidant, congé sabbatique, mobilité volontaire sécurisée, arrêt maladie de plus de six mois, mandat syndical. Vous pouvez même en demander la tenue avant votre reprise de poste.

45 ans et 60 ans : les deux rendez-vous que personne ne doit manquer

C’est le coeur de la réforme, et il vient directement de l’accord sur l’emploi des salariés expérimentés. Deux entretiens jalonnent désormais la seconde partie de carrière, et ils se tiennent aux dates fixées par la loi, quel que soit le délai écoulé depuis le précédent.

Le premier est organisé dans les deux mois qui suivent la visite médicale de mi-carrière, autour de 45 ans. Il ajoute aux thèmes habituels les mesures proposées par le médecin du travail, l’aménagement du poste, la prévention de l’usure professionnelle et vos souhaits de mobilité. Un document écrit vous est remis à l’issue de cet entretien. Précision utile : votre employeur n’a pas accès à vos données de santé.

Le second se tient dans les deux années précédant votre soixantième anniversaire. Il doit obligatoirement aborder vos conditions de maintien dans l’emploi et les aménagements de fin de carrière possibles, du passage à temps partiel à la retraite progressive. Ce rendez-vous s’inscrit dans le même mouvement que l’obligation de négocier sur l’emploi des salariés expérimentés, et il arrive à un moment où beaucoup de salariés commencent à calculer leur âge de départ possible sans jamais en parler à leur employeur.

3 000 euros sur votre CPF : la sanction qui protège le salarié

Le mécanisme de sanction n’a pas disparu, il a été recalé sur le nouveau calendrier. Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, si l’état des lieux des huit ans montre que vous n’avez pas bénéficié des entretiens prévus et que vous n’avez suivi aucune action de formation non obligatoire, votre employeur doit créditer votre compte personnel de formation de 3 000 euros. L’abondement doit être effectué au plus tard le dernier jour du trimestre civil suivant la date de l’état des lieux.

Cet état des lieux fait l’objet d’un compte-rendu écrit dont une copie vous est remise. Gardez-la. Elle sert précisément à vérifier que sur huit ans vous avez suivi au moins une action de formation, acquis des éléments de certification, et bénéficié d’une progression salariale ou professionnelle. Trois critères qui, réunis, dessinent une carrière qui avance. Et qui, absents, disent l’inverse.

Comment préparer votre entretien de parcours professionnel

Un entretien tous les quatre ans se prépare, sinon il se subit. Trois réflexes concrets.

Reconstituez votre historique. Reprenez les comptes-rendus de vos entretiens précédents, la liste des formations suivies, les évolutions de poste et de salaire. C’est la matière première de la discussion, et c’est aussi ce qui vous permettra de repérer un trou de plusieurs années dans vos droits.

Faites appel gratuitement au conseil en évolution professionnelle. Si votre entreprise compte moins de 300 salariés, vous pouvez solliciter un conseiller en évolution professionnelle pour préparer l’entretien. Le service est gratuit et indépendant de votre employeur. Les semaines de l’évolution professionnelle organisées en octobre sont une bonne porte d’entrée pour comprendre ce que le dispositif couvre.

Arrivez avec une demande formulée, pas avec une plainte. Un projet de formation chiffré, une envie de mobilité interne documentée, une piste de reconversion argumentée pèsent infiniment plus qu’un constat d’insatisfaction. Le compte-rendu écrit fixe ce qui a été dit : ce qui n’y figure pas n’a pas existé.

Questions fréquentes sur l’entretien de parcours professionnel

L’entretien de parcours professionnel est-il obligatoire ?

Oui. Il concerne tous les salariés, quelle que soit la nature du contrat, en CDD comme en CDI, en apprentissage ou en contrat de professionnalisation, à temps plein comme à temps partiel. Seuls les intérimaires, les salariés mis à disposition et ceux intervenant dans le cadre d’une sous-traitance en sont exclus. C’est à l’employeur de l’organiser, pendant le temps de travail.

Peut-on le confondre avec l’entretien annuel d’évaluation ?

Non, ce sont deux exercices distincts. L’entretien de parcours professionnel ne porte pas sur l’évaluation de votre travail. La Cour de cassation admet en revanche qu’ils se tiennent le même jour, à condition que les deux sujets restent séparés dans la discussion et dans les documents remis.

Que se passe-t-il si mon accord d’entreprise prévoit une périodicité plus longue ?

Un accord d’entreprise ou de branche qui prévoyait une périodicité supérieure à quatre ans cesse de s’appliquer au 1er octobre 2026. C’est alors le rythme légal d’un entretien tous les quatre ans qui s’impose, jusqu’à ce qu’un nouvel accord soit négocié. Un accord peut toujours prévoir une périodicité différente, à condition qu’elle soit plus favorable au salarié.

Où trouver le texte officiel ?

La fiche pratique de référence est celle de Service Public sur l’entretien de parcours professionnel, mise à jour le 20 février 2026, qui renvoie à l’article L6315-1 du Code du travail. Le ministère chargé du travail publie par ailleurs un questions-réponses dédié au dispositif.

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