Augmentations 2027 : la fin des hausses générales se confirme
Entre 1,9 % et 3 % selon les cabinets : les budgets d'augmentation 2027 se resserrent et basculent vers l'individuel. Comment vous positionner avant la campagne.
Les cabinets qui suivent les politiques de rémunération publient des prévisions d’augmentation pour 2027 comprises entre 1,9 % et 3 % selon les méthodologies. LHH table sur 1,9 %, Mercer France sur un rebond à 2,5 %, WTW sur 3 %. Ces écarts s’expliquent par les périmètres retenus, mais tous décrivent le même mouvement : des enveloppes contenues, et surtout une bascule du général vers l’individuel.
Le point à retenir si vous êtes salarié : l’augmentation collective automatique se raréfie. Ce qui se joue en 2027, c’est la capacité à obtenir une part d’une enveloppe distribuée au cas par cas. Cela se prépare avant la campagne, pas pendant.
Ce que prévoient les cabinets pour 2027
1,73 %
l’augmentation moyenne effectivement négociée en 2026 selon le Groupe Alpha
1,9 à 3 %
la fourchette des prévisions d’augmentation pour 2027 selon les cabinets
1 sur 4
la proportion d’entreprises prévoyant un budget de correction des écarts internes
Le repère utile est celui de 2026 : 1,73 % d’augmentation moyenne dans les accords, soit le niveau le plus bas depuis quatre ans, alors que l’inflation était attendue autour de 2,5 % sur l’année. Autrement dit, la moyenne des salariés a perdu du pouvoir d’achat en 2026 sans qu’aucune décision individuelle ne soit en cause.
Pour 2027, l’inflation anticipée redescend autour de 1,7 %. Mécaniquement, une enveloppe de 2 % redevient une progression réelle. C’est la première fois depuis trois ans que l’arithmétique joue en faveur des salariés, à condition d’être servi.
Pourquoi l’augmentation générale recule
Trois logiques se combinent. La première est budgétaire : avec une inflation qui ralentit, les directions financières n’ont plus l’argument de l’urgence pour justifier une enveloppe large. La deuxième est concurrentielle : sur un marché où les recrutements de cadres reculent, la pression pour retenir tout le monde diminue. Nous l’avons détaillé dans notre analyse des filtres qui se durcissent dans le recrutement des cadres.
La troisième est nouvelle : une entreprise sur quatre prévoit des budgets spécifiquement destinés à corriger des écarts de rémunération non justifiés. Cet argent-là ne se négocie pas en entretien annuel, il se déclenche sur analyse statistique. Il bénéficie à celles et ceux dont le salaire décroche de leur poste de référence, souvent sans qu’ils le sachent.
Comment se positionner avant la campagne 2027
Premier réflexe, connaître le calendrier. Dans la plupart des entreprises, les enveloppes se décident entre octobre et décembre pour une application en janvier ou en mars. Demander une augmentation en avril, c’est arriver après la répartition.
Deuxième réflexe, documenter plutôt qu’argumenter. Une demande qui repose sur le coût de la vie a peu de prise sur une enveloppe individuelle. Une demande adossée à un périmètre élargi, à un résultat chiffré ou à un écart avéré avec le marché en a beaucoup plus. Notre article sur le salaire de marché explique comment établir ce point de comparaison.
Troisième réflexe, ne pas confondre augmentation et rémunération. Une part variable revalorisée, un intéressement, une prime de participation ou un changement de classification pèsent parfois davantage qu’un pourcentage sur le fixe. Nous avons détaillé ces leviers dans notre guide de la rémunération globale.
Questions fréquentes sur les augmentations 2027
Quelle augmentation demander en 2027 ?
Il n’existe pas de chiffre universel. Les prévisions des cabinets se situent entre 1,9 % et 3 % selon les périmètres. Une demande cohérente se situe au-dessus de l’enveloppe moyenne annoncée dans votre entreprise, et s’appuie sur un élément factuel : évolution du périmètre, résultat mesurable ou écart documenté avec le marché.
Mon entreprise est-elle obligée de m’augmenter ?
Non, sauf disposition de votre convention collective, accord d’entreprise, ou si votre rémunération passe sous le minimum conventionnel ou sous le SMIC. Nous avons détaillé ce plancher dans notre article sur le SMIC à la rentrée 2026.
Quand faut-il demander une augmentation ?
Avant l’arbitrage budgétaire, généralement à l’automne pour une application en début d’année suivante. Une demande formulée après la notification des enveloppes arrive trop tard pour cet exercice.
Que faire si l’augmentation est refusée ?
Demander les critères retenus et une échéance de réexamen écrite. Un refus sans critère ni date est un signal sur la manière dont l’entreprise gère ses rémunérations, pas sur votre valeur.
Guillaume Coudert