Budget 2027 et salaire : ce qui changerait sur votre paie
Arrêt maladie plus taxé, indemnités de rupture plafonnées, impôt relevé de 2,1 % : ce que le budget 2027 changerait sur votre salaire, si le Parlement suit.
Le budget 2027 ne baisse pas votre salaire, mais il change ce qui se passe autour. Présentés en Conseil des ministres le 1er octobre 2026, le projet de loi de finances (PLF) et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 prévoient une CSG plus lourde sur les indemnités d’arrêt maladie, un plafond d’exonération bien plus bas pour les indemnités de rupture et un barème de l’impôt sur le revenu relevé de 2,1 %. Rien n’est encore voté : l’examen à l’Assemblée nationale commence le 13 octobre 2026. Voici ce qui changerait concrètement pour vous, ligne par ligne.
2,1 %
de revalorisation du barème de l’impôt sur le revenu
9,2 %
de CSG sur les indemnités d’arrêt maladie, contre 6,2 % aujourd’hui
48 000 €
nouveau plafond d’exonération des indemnités de rupture
Budget 2027 et salaire : qu’est-ce qui bouge vraiment sur la fiche de paie ?
Pour un salarié en poste, en bonne santé et qui ne quitte pas son entreprise, le budget 2027 change peu de choses au net versé chaque mois. Les mesures qui touchent la paie visent surtout des situations précises : l’arrêt de travail, la fin du contrat, les primes et le rachat de jours de repos. Le reste du budget se joue côté employeur, avec un coup de rabot sur les allègements de cotisations patronales.
| Ligne concernée | Aujourd’hui | Ce que prévoit le budget 2027 |
|---|---|---|
| CSG sur les indemnités journalières d’arrêt | 6,2 % | 9,2 %, comme un revenu d’activité |
| Impôt sur les indemnités d’affection de longue durée | Exonérées | Imposables à 50 % à partir du 1er janvier 2027 |
| Impôt sur les indemnités d’accident du travail ou de maladie professionnelle | Imposables à 50 % | Imposables à 100 % à partir du 1er janvier 2027 |
| Indemnités de rupture | Exonération pouvant approcher 300 000 € | Exonération limitée à environ 48 000 € |
| Prime de partage de la valeur | Exonérée de cotisations sociales | Exonération pérennisée, CSG et CRDS épargnées un an de plus dans les entreprises de moins de 50 salariés |
| Rachat de jours de RTT | Dispositif temporaire | Dispositif pérennisé |
| Barème de l’impôt sur le revenu | Tranches 2026 | Tranches relevées de 2,1 % |
Sources : synthèse des mesures publiée par Légifiscal, détail fiscal des arrêts de travail par MoneyVox.
Arrêt maladie : combien perdriez-vous avec la nouvelle CSG ?
C’est la mesure qui touche le plus de salariés. Les indemnités journalières versées par l’Assurance maladie supportent aujourd’hui une CSG à taux réduit de 6,2 %. Le PLFSS 2027 l’alignerait sur celle du complément de salaire versé par l’employeur, soit 9,2 %. Trois points de plus, prélevés sur chaque jour d’arrêt.
Deux changements fiscaux s’ajouteraient au 1er janvier 2027. Les indemnités versées au titre d’une affection de longue durée, aujourd’hui exonérées d’impôt, deviendraient imposables pour moitié. Celles d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle, imposables à 50 % aujourd’hui, le seraient en totalité. Le gouvernement prévoit aussi d’abaisser le plafond de calcul des indemnités d’accident du travail à 1,8 Smic, l’employeur prenant en charge la différence, selon la présentation du PLFSS relayée par Légifiscal.
Ce sujet s’ajoute à la réforme déjà entrée en vigueur à la rentrée : depuis le 1er septembre 2026, un arrêt maladie ne peut plus dépasser 31 jours en une seule prescription.
Indemnités de rupture : à qui le nouveau plafond coûterait-il ?
Aujourd’hui, une indemnité de licenciement ou de rupture conventionnelle peut échapper à l’impôt et aux cotisations sur des montants élevés, jusqu’à près de 300 000 € dans les cas les plus favorables. Le budget 2027 ramènerait ce plafond à environ 48 000 €, soit un plafond annuel de la Sécurité sociale. Au-delà, la somme serait taxée.
Le gouvernement affirme que 95 % des salariés concernés resteraient intégralement exonérés, d’après la présentation reprise par Le Monde du Chiffre le 2 octobre 2026. Les perdants sont donc les profils à forte ancienneté ou à haut salaire qui négocient un départ. Si vous êtes dans ce cas et qu’une rupture conventionnelle est en discussion, la date de signature pourrait peser lourd : le texte n’étant pas voté, rien ne permet encore de dire à partir de quand le nouveau plafond s’appliquerait. Pensez aussi à l’autre volet déjà en vigueur, la durée d’indemnisation chômage raccourcie après une rupture conventionnelle.
Primes, RTT et épargne salariale : ce qui reste avantageux
Bonne nouvelle relative : la prime de partage de la valeur garderait son exonération de cotisations sociales de façon pérenne, et l’exonération de CSG et de CRDS serait prolongée d’un an dans les entreprises de moins de 50 salariés. Attention, cela ne change rien à la fin de l’exonération d’impôt de cette prime au 1er janvier 2027. Le rachat de jours de RTT, qui permet de se faire payer des jours de repos non pris, deviendrait un dispositif permanent.
Côté épargne salariale, le budget ne crée pas de cotisation salariale nouvelle. Il intègre en revanche l’intéressement, la participation et la prime de partage de la valeur dans le calcul des allègements de cotisations patronales, ce qui rapporterait 3,7 milliards d’euros selon TPE Actu. Ce coût pèse sur l’employeur, mais il pourrait refroidir certaines entreprises au moment de fixer leurs enveloppes. Nous avions détaillé la piste étudiée en septembre dans notre article sur l’épargne salariale en 2027.
Impôt sur le revenu 2027 : un barème relevé de 2,1 %
L’article 2 du PLF 2027 relève les tranches du barème de 2,1 %, pour suivre l’inflation. À revenu constant, votre impôt n’augmente donc pas mécaniquement. Pour les revenus de 2026, la tranche à 0 % irait jusqu’à 11 844 € par part, la tranche à 11 % jusqu’à 30 200 €, la tranche à 30 % jusqu’à 86 353 €, la tranche à 41 % jusqu’à 185 737 €, puis 45 % au-delà, selon le texte publié et analysé par Légifiscal.
Le vrai sujet reste la hausse de votre salaire brut. Avec des budgets d’augmentation 2027 qui se resserrent, la campagne individuelle de fin d’année compte plus que le barème fiscal.
Faut-il réagir dès maintenant ?
Non pour la plupart des salariés : le texte peut encore changer pendant la navette parlementaire, qui court jusqu’en décembre. Trois réflexes utiles en attendant :
- si un arrêt de travail long est prévu, vérifiez ce que couvre votre prévoyance d’entreprise et le maintien de salaire prévu par votre convention collective ;
- si une rupture négociée est en cours, faites chiffrer l’indemnité au regard du plafond actuel et du plafond envisagé ;
- relisez votre fiche de paie de janvier 2027 ligne par ligne, notre quiz sur la fiche de paie vous aide à repérer ce qui compte.
Questions fréquentes sur le budget 2027 et le salaire
Le budget 2027 baisse-t-il le salaire net des salariés ?
Non, pas pour un salarié en activité normale. Les projets présentés le 1er octobre 2026 n’annoncent pas de hausse des cotisations salariales sur le salaire. Les changements portent sur les indemnités d’arrêt, les indemnités de rupture et le barème de l’impôt.
Quand la hausse de CSG sur les arrêts maladie s’appliquerait-elle ?
La date dépend du vote final du PLFSS, attendu en décembre 2026. Les changements d’impôt sur les indemnités d’affection de longue durée et d’accident du travail sont annoncés pour le 1er janvier 2027.
Ces mesures sont-elles définitives ?
Non. Ce sont des projets de loi, examinés à l’Assemblée nationale à partir du 13 octobre 2026 puis au Sénat. Chaque mesure peut être modifiée ou supprimée par amendement.
Guillaume Coudert