Heure d’hiver 2026 : l’heure de nuit en plus est-elle payée ?
Dans la nuit du 24 au 25 octobre 2026, le poste de nuit dure une heure de plus. Cette heure est du travail effectif : elle se paie, majorée ou compensée en repos.
Oui, l’heure travaillée en plus lors du passage à l’heure d’hiver doit être rémunérée. Le Code du travail ne prévoit rien de spécifique, mais une réponse ministérielle de 1976 tranche : c’est une heure de travail comme une autre, payée et majorée si elle fait franchir le seuil des 35 heures, ou compensée par un repos. Dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2026, un salarié en poste de 22 heures à 6 heures travaille donc 9 heures réelles. Ce que vous touchez exactement dépend de votre convention collective : c’est elle qu’il faut lire avant la fin du mois.
Heure d’hiver 2026 : que change le recul des horloges pour le travail de nuit ?
Le passage à l’heure d’hiver a lieu le dimanche 25 octobre 2026 : à 3 heures, il est de nouveau 2 heures. Pour la plupart des salariés, c’est une heure de sommeil gagnée. Pour ceux qui sont au travail à ce moment-là, c’est une heure de présence en plus, car l’horaire affiché ne bouge pas : un poste qui finit « à 6 heures » finit à 6 heures de la nouvelle heure, soit une heure plus tard qu’une nuit ordinaire.
Le sujet concerne beaucoup de monde. D’après une étude publiée par Santé publique France dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire du 12 mars 2019, 4,3 millions d’actifs travaillaient de nuit en 2013 (entre minuit et 5 heures), soit 16,3 % des actifs, dont 1,9 million de façon habituelle. Le nombre de travailleurs de nuit habituels a plus que doublé depuis 1990 : soignants, agents de sécurité, opérateurs de production, préparateurs de commandes, conducteurs, boulangers.
4,3 millions
d’actifs travaillant de nuit en 2013 (Santé publique France)
1,9 million
de travailleurs de nuit habituels, deux fois plus qu’en 1990
9 h
de travail réel pour un poste 22 h à 6 h dans la nuit du 24 au 25 octobre 2026
25 %
de majoration par défaut pour les huit premières heures supplémentaires
L’heure de nuit en plus est-elle payée ? Oui, c’est du travail effectif
Aucun article du Code du travail ne traite du changement d’heure. La référence reste une réponse ministérielle publiée au Journal officiel du 10 décembre 1976, que rappellent LégiSocial et les spécialistes de la paie : au passage à l’heure d’hiver, l’heure en plus est une heure supplémentaire, qui doit être payée avec la majoration prévue, et qui peut aussi ouvrir droit à un repos. Le ministère précise qu’aucune règle particulière ne s’applique : seul le droit commun joue.
Concrètement, tout dépend de votre semaine :
- Si cette heure vous fait dépasser 35 heures (ou la durée prévue par votre accord), elle est majorée. Sans accord, la majoration est de 25 % de la 36e à la 43e heure, puis de 50 % au-delà, rappelle Service-Public.fr. Un accord peut descendre jusqu’à 10 %, pas en dessous.
- Si votre semaine reste sous ce seuil, l’heure est due au taux normal, avec les primes de nuit éventuellement prévues par votre convention.
- Dans les deux cas, l’employeur peut remplacer le paiement par un repos équivalent si un accord ou une décision le prévoit : une heure majorée à 25 % vaut alors 1 h 15 de repos.
Pour revoir le calcul du net, notre guide sur les heures supplémentaires, leur majoration et ce qu’elles rapportent vraiment détaille chaque étape.
Et en mars, l’heure perdue est-elle retenue sur le salaire ?
C’est le revers de la règle. Au passage à l’heure d’été, le poste de nuit dure une heure de moins, et la même réponse ministérielle autorise l’employeur à retenir l’heure non travaillée sur la paie. Prochaine échéance : le dimanche 28 mars 2027. Sur l’année, l’heure gagnée en octobre et l’heure perdue en mars se compensent donc, sauf si votre convention a choisi de neutraliser le changement d’heure.
| Nuit concernée | Durée réelle d’un poste 22 h à 6 h | Règle par défaut | Ce qui peut changer |
|---|---|---|---|
| Heure d’hiver, 24 au 25 octobre 2026 | 9 heures | Heure payée, majorée si le seuil des 35 heures est franchi, ou compensée en repos | Convention ou accord : heures comptées autrement, décalage de la fin de poste |
| Heure d’été, 27 au 28 mars 2027 | 7 heures | Retenue possible d’une heure sur la paie | Convention ou accord : maintien du salaire, heures comptées comme une nuit normale |
Certaines branches ont tranché. LégiSocial cite l’accord du 30 juillet 2012 sur les dockers (ports et manutention, non étendu) : au printemps, les heures comptées restent identiques malgré le poste plus court, et à l’automne, les heures comptées suivent la durée réelle. Dans la métallurgie, l’UIMM rappelle chaque année à ses adhérents que l’horaire affiché ne change pas, et leur propose d’ajuster la paie ou de décaler l’heure de fin du poste.
Peut-on travailler plus de 8 heures de nuit ce soir-là ?
C’est le point que beaucoup d’entreprises oublient. Pour un travailleur de nuit, la durée quotidienne est plafonnée par défaut à 8 heures consécutives, et un repos compensateur est obligatoire en contrepartie du travail de nuit, indique Service-Public.fr. Un poste habituel de 8 heures qui s’étire à 9 heures dépasse ce plafond, sauf dérogation : accord collectif, ou autorisation de l’inspection du travail en cas de circonstances exceptionnelles.
D’où la solution retenue par de nombreux employeurs : faire finir l’équipe une heure plus tôt cette nuit-là, ou faire relayer le dernier créneau. Dans ce cas, l’horaire collectif affiché doit être modifié et transmis à l’inspection du travail, selon la note de l’UIMM citée par LégiSocial. Si votre planning du 24 octobre indique 9 heures de présence d’affilée, la question mérite d’être posée à votre responsable avant la nuit, pas après.
Comment vérifier que l’heure d’hiver apparaît sur votre fiche de paie ?
Trois réflexes simples pour ne pas laisser filer une heure, surtout si vous enchaînez les nuits toute l’année :
- Retrouvez votre convention collective. Son nom figure sur votre bulletin de salaire. Cherchez les mots « changement d’heure », « heure d’hiver » ou « travail de nuit ». Notre article sur les minima de branche et la grille de votre convention explique où la consulter.
- Notez vos heures réelles de la nuit du 24 au 25 octobre : heure d’arrivée, heure de départ, pauses. Une trace écrite tranche tout désaccord.
- Contrôlez le bulletin qui couvre fin octobre : ligne d’heures supplémentaires, heures majorées ou compteur de repos. Si rien n’apparaît, demandez par écrit au service paie comment l’heure a été traitée. Pour lire chaque ligne sans vous tromper, faites notre quiz sur la fiche de paie.
Pourquoi change-t-on encore d’heure en 2026 ?
Le Parlement européen a voté le 26 mars 2019, par 410 voix contre 192, la fin des changements d’heure saisonniers, avec une dernière bascule prévue en 2021, comme le retrace l’Observatoire législatif du Parlement européen. Faute d’accord entre les États membres au Conseil, le texte n’a jamais abouti, et en octobre 2026 aucune décision n’a été prise pour suspendre le système, constate Europe Infos. Les équipes de nuit vont donc continuer à vivre deux nuits atypiques par an.
Le changement d’heure s’ajoute aux contraintes d’un rythme déjà exigeant pour l’organisme. Pour une autre facette de la qualité de vie au travail en saison froide, lisez aussi notre article sur le froid au travail et la température minimale.
FAQ : heure d’hiver et travail de nuit
Mon employeur peut-il refuser de payer l’heure en plus ?
Non. Une heure travaillée est due. Si elle fait dépasser la durée légale ou conventionnelle, elle est majorée ou compensée par un repos équivalent. Seule la manière de la compter peut varier selon votre convention collective.
Je suis en forfait jours, suis-je concerné ?
Le forfait jours ne décompte pas les heures, donc la question de l’heure supplémentaire ne se pose pas dans les mêmes termes. Les règles de repos quotidien et de charge de travail restent applicables.
L’heure retenue en mars peut-elle être compensée ?
Oui, si votre convention ou un accord d’entreprise le prévoit, comme l’accord des dockers cité plus haut. À défaut, la retenue d’une heure est admise depuis la réponse ministérielle de 1976. Pour comprendre d’où viennent nos rythmes de travail et de repos, lisez la petite histoire du week-end.
Guillaume Coudert