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Salaire

Gratification de stage 2026 : 4,50 € de l’heure, et vos droits

À partir de deux mois de stage, l'entreprise doit vous verser au moins 4,50 € par heure, soit 682,50 € pour un mois à 35 heures. Le calcul, les seuils et les pièges.

Guillaume Coudert Guillaume Coudert 7 min de lecture
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Deux jeunes en tablier bleu travaillent sur un montage electronique dans un atelier lumineux
La gratification de stage n'est pas un salaire, mais elle obéit à des règles précises que beaucoup d'entreprises appliquent de travers.

Depuis le 1er janvier 2026, un stagiaire étudiant doit percevoir au minimum 4,50 euros par heure de présence effective, soit 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale, dès que son stage dépasse deux mois consécutifs ou 309 heures sur l’année universitaire. Pour un mois complet à 35 heures par semaine, cela représente 682,50 euros, exonérés de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu jusqu’au montant annuel du SMIC. La gratification est due dès le premier jour du stage, versée chaque mois et non à la fin, et son montant doit figurer dans la convention. En dessous des seuils, rien n’est obligatoire, ce qui n’interdit pas de négocier.

À partir de quand la gratification devient obligatoire

La règle tient en deux seuils, appréciés sur une même année scolaire ou universitaire : plus de deux mois consécutifs, ce qui correspond à 44 jours de 7 heures, ou à partir de la 309e heure de présence quand le stage est discontinu. Au-delà, l’organisme d’accueil, entreprise, association ou administration, doit gratifier. En dessous, il n’y est pas tenu, et c’est la raison pour laquelle tant d’offres de stage affichent « 2 mois » : la durée est calée sur le seuil.

Le décompte se fait en heures de présence effective. Les jours d’absence, y compris les congés autorisés par la convention, n’ouvrent pas droit à gratification, sauf accord plus favorable. Un stage interrompu temporairement donne lieu à un réajustement sur les heures réellement effectuées, un stage arrêté définitivement à une régularisation globale.

4,50 €

Gratification horaire minimale depuis le 1er janvier 2026

2 mois

Ou 309 heures : le seuil qui rend la gratification obligatoire

682,50 €

Pour un mois complet de 151,67 heures

0 €

De cotisations sociales tant que le taux horaire reste à 4,50 €

Combien vous touchez réellement chaque mois

La gratification se calcule sur les heures, pas sur un forfait mensuel, ce qui explique les écarts d’un mois à l’autre. L’entreprise peut choisir de payer les heures réelles de chaque mois ou de lisser le total du stage sur sa durée. Dans les deux cas, le total est identique.

Situation Heures de présence Gratification minimale
Mois de 20 jours à 7 heures 140 h 630,00 €
Mois de 22 jours à 7 heures 154 h 693,00 €
Mois moyen à 35 heures par semaine 151,67 h 682,50 €
Stage de 6 mois à temps plein, environ 130 jours 910 h 4 095,00 €
Stage de 2 mois pile, 44 jours 308 h Rien d’obligatoire

Le dernier cas mérite une lecture attentive : un stage de deux mois exactement, à 44 jours de 7 heures, n’atteint ni le seuil des « plus de deux mois » ni la 309e heure. Un seul jour de plus, et l’obligation s’applique à l’ensemble du stage, depuis le premier jour. C’est le point que les conventions mal calées oublient le plus souvent.

Ce que la gratification n’est pas, et ce que vous pouvez négocier

Le stagiaire n’est pas un salarié. Il ne cotise pas au chômage, n’acquiert pas de congés payés au sens du code du travail, et sa gratification n’est pas un salaire. En contrepartie, la gratification minimale est totalement exonérée de cotisations et de CSG, et exonérée d’impôt sur le revenu jusqu’au SMIC annuel. Une gratification supérieure à 4,50 euros de l’heure devient soumise à cotisations sur la fraction qui dépasse, ce qui n’empêche pas de la demander : dans le privé, rien ne plafonne le montant. Seuls les organismes publics doivent s’en tenir au minimum, sous peine de requalification en contrat de travail.

Négocier une gratification de stage est possible, à condition de savoir sur quoi. Les arguments qui portent : la durée, les responsabilités réelles confiées, la convention collective de la branche qui fixe parfois un minimum supérieur, et la comparaison avec ce que paie le secteur. Les grands groupes paient souvent bien au-dessus du minimum pour des stages de fin d’études, ce que notre article sur le salaire au premier emploi met en perspective. Pour le reste du package, les titres-restaurant et le remboursement des frais de transport vous sont dus dans les mêmes conditions qu’aux salariés.

Les abus les plus fréquents, et comment réagir

Trois situations reviennent dans les témoignages. La gratification versée en fin de stage plutôt que chaque mois : c’est contraire aux textes, le versement est mensuel. Le stage qui ressemble à un emploi, avec un poste permanent occupé, des objectifs de production et des horaires de salarié : la convention peut être requalifiée en contrat de travail devant le conseil de prud’hommes, avec rappel de salaire au SMIC. Et le stage sans convention, ou hors cursus : il est interdit, et l’organisme d’accueil s’expose à une amende administrative.

Dans tous ces cas, l’établissement d’enseignement est votre premier appui : il signe la convention et peut intervenir auprès de l’entreprise. L’inspection du travail est compétente pour les stages en entreprise. Et si le stage se passe mal au point de vouloir partir, notre guide sur la manière de trouver un stage sans école et notre article sur les difficultés d’insertion des jeunes diplômés en 2026 aident à préparer la suite.

Questions fréquentes

La gratification est-elle revalorisée en cours de stage ?

Le plafond de la Sécurité sociale change chaque 1er janvier. Si votre stage est à cheval sur deux années, la convention doit prévoir explicitement la revalorisation au 1er janvier. Vérifiez la clause avant de signer un stage qui commence à l’automne.

Un stagiaire peut-il avoir des titres-restaurant ?

Oui, dans les mêmes conditions que les salariés de l’entreprise, dès lors qu’ils en bénéficient. L’employeur ne peut pas réserver l’avantage aux seuls salariés.

Que se passe-t-il si je tombe malade pendant le stage ?

Vous restez couvert par la Sécurité sociale comme étudiant ou ayant droit, et les accidents du travail sont pris en charge, la cotisation étant gérée par l’organisme d’accueil. Les jours d’absence ne sont pas gratifiés, sauf disposition plus favorable de la convention.

Ma gratification compte-t-elle pour les impôts de mes parents ?

Elle est exonérée d’impôt sur le revenu dans la limite du SMIC annuel, que vous soyez rattaché ou non au foyer fiscal de vos parents. Au-delà, le surplus est imposable.

Source : la fiche Service-Public.fr sur la gratification minimale du stagiaire, vérifiée le 1er janvier 2026, et les articles L124-1 à L124-20 du code de l’éducation.

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