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Sens de l’Emploi : le salon des candidats sourds et aveugles

Le 9 octobre à Paris, le salon Sens de l'Emploi réunit recruteurs et candidats sourds ou aveugles. Entrée gratuite, et un vrai enjeu derrière : le taux d'emploi.

Guillaume Coudert Guillaume Coudert 7 min de lecture
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Un homme malvoyant équipé d'un casque audio travaille à un poste informatique doté d'une plage braille dans un bureau lumineux
L'accès à l'emploi des personnes déficientes visuelles ou sourdes bute moins sur les compétences que sur l'accessibilité des outils et des processus de recrutement.

Le vendredi 9 octobre 2026, la Halle des Blancs Manteaux accueille la deuxième édition du salon Sens de l’Emploi, le premier salon national consacré à l’emploi des personnes aveugles, malvoyantes, sourdes ou malentendantes. Entrée gratuite sur inscription, de 10 heures à 17 heures, en plein Paris 4e. Organisé par trois institutions du secteur, il réunit des recruteurs, des organismes de formation et des acteurs de l’insertion. La première édition avait attiré plus de 1 200 visiteurs.

Le salon Sens de l’Emploi, en pratique

L’événement est porté par l’Institut National de Jeunes Sourds de Paris, l’Institut National des Jeunes Aveugles et l’association apiDV, dont le nom résume la mission : Accompagner, Promouvoir, Intégrer les Déficients Visuels. Ce sont trois structures historiques du secteur, pas des organisateurs de salons.

9 octobre

2026, de 10 heures à 17 heures, Halle des Blancs Manteaux, 48 rue Vieille du Temple, Paris 4e

1 200

visiteurs lors de la première édition en 2025, selon les organisateurs

0 €

entrée gratuite pour les visiteurs et les candidats, sur inscription préalable

Le salon s’adresse à toute personne en situation de handicap visuel ou auditif, aux élèves et étudiants en recherche de formation, et plus largement à toute personne concernée par le sujet. Les inscriptions visiteurs se font sur le site officiel de l’événement.

Le taux de chômage ne dit pas ce que vous croyez

Sur le handicap, un chiffre circule partout : 12 % de taux de chômage pour les personnes en situation de handicap en 2025, contre 7 % pour l’ensemble de la population, selon le tableau de bord de l’Agefiph publié en mai 2026. L’écart est réel, mais ce chiffre masque l’essentiel.

Le taux de chômage ne compte que les personnes qui cherchent activement un emploi. Il exclut mécaniquement celles qui ont renoncé. Or c’est précisément là que se joue la situation des personnes déficientes visuelles.

Autrement dit, le problème n’est pas seulement que les personnes concernées peinent à trouver un emploi. C’est qu’une part importante d’entre elles est sortie du marché du travail, et ne figure donc plus dans les statistiques de chômage. Un salon comme Sens de l’Emploi vise exactement cette population : celles et ceux pour qui la candidature en ligne classique ne fonctionne plus.

Pourquoi la candidature en ligne bloque avant même l’entretien

L’étude de l’Agefiph sur la déficience visuelle et l’emploi, publiée en juillet 2023, identifie des obstacles très concrets, et aucun ne concerne les compétences du candidat : des annonces en ligne inaccessibles aux lecteurs d’écran, des formulaires de candidature impossibles à remplir, des logiciels métier non adaptés une fois en poste, des bureaux et des transports inaccessibles.

Ces freins arrivent en amont du processus. Un candidat déficient visuel peut être éliminé sans avoir jamais été lu, simplement parce que le site carrière de l’entreprise n’est pas navigable au clavier. Le sujet rejoint celui que nous avions traité sur le filtre IA appliqué aux CV : quand la première étape est automatisée, l’accessibilité technique devient un critère de sélection déguisé. Le contexte n’arrange rien, puisque le marché compte désormais 18 % de candidats en plus par offre.

C’est ce qui donne sa valeur à un salon physique. La rencontre directe court-circuite le formulaire. Elle rejoint la logique du marché caché, où l’essentiel des recrutements passe par le contact plutôt que par l’annonce publiée, un sujet que nous abordons régulièrement à propos du réseau professionnel.

Le programme de la journée

Horaire Temps fort
9h00 à 9h15 Ouverture officielle de la deuxième édition
9h25 à 10h25 Table ronde : l’apprentissage, un levier d’insertion très concret
13h50 à 14h35 Table ronde : épanouissement professionnel, plusieurs parcours pour y parvenir
16h00 à 17h00 Clôture officielle

La première table ronde mérite l’attention des plus jeunes. L’apprentissage reste une voie d’entrée solide, y compris quand le marché se tend, comme nous le documentions dans notre article sur les difficultés à décrocher un contrat en alternance en 2026. Sur les stands, on trouve des recruteurs, des associations, des partenaires de l’insertion et des acteurs de la formation professionnelle, ainsi que des démonstrations de solutions d’accessibilité.

Comment préparer votre venue

Un salon se prépare comme un entretien, pas comme une visite. Trois points qui font la différence.

D’abord, repérez les exposants avant de venir et hiérarchisez : mieux vaut trois échanges approfondis que quinze cartes de visite. Ensuite, préparez une réponse courte à la question de l’aménagement de poste, en la formulant en solution et non en contrainte : la plupart des adaptations sont financées par l’Agefiph et coûtent peu à l’employeur, qui l’ignore souvent. Enfin, notez le nom de la personne rencontrée et relancez sous 48 heures, la relance étant ce qui distingue un salon utile d’une journée perdue.

Si votre situation vous a conduit à une inscription à France Travail, sachez que votre catégorie d’inscription conditionne vos droits et votre accompagnement : nous avons détaillé ce point dans notre guide sur les catégories France Travail.

Questions fréquentes

Le salon Sens de l’Emploi est-il payant ?

Non. L’entrée est gratuite pour les visiteurs et les candidats, sur inscription préalable via le formulaire disponible sur le site de l’événement. Les entreprises et organismes qui souhaitent tenir un stand doivent en revanche s’inscrire comme exposants.

Faut-il une RQTH pour y participer ?

Non. Le salon est ouvert à toute personne en situation de handicap visuel ou auditif, aux élèves et étudiants en recherche de formation, et à toute personne concernée par le sujet de l’emploi des personnes en situation de handicap. Aucune reconnaissance administrative n’est exigée à l’entrée.

Combien de personnes sont concernées en France ?

Les ordres de grandeur varient selon les définitions retenues. La DREES estime à environ 7 millions le nombre de personnes sourdes ou malentendantes, dont environ 500 000 vivant avec une surdité sévère ou profonde. Côté déficience visuelle, l’étude Homère porte sur une population d’environ 1,8 million de personnes ayant de grandes difficultés à voir ou ne voyant pas du tout, dont la moitié est en âge de travailler. Les chiffres plus élevés que l’on croise parfois dans la presse recouvrent généralement l’ensemble des limitations fonctionnelles, y compris légères.

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