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Alternance 2026 : pourquoi c’est plus dur de trouver un contrat

Les contrats d’apprentissage reculent de 5 % en 2025, une première depuis 2018. Voici pourquoi, et comment décrocher le vôtre malgré la baisse des offres.

Guillaume Coudert Guillaume Coudert 7 min de lecture
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Une jeune apprentie et son tuteur examinent une piece de bois dans un atelier de menuiserie

En 2026, décrocher un contrat d’alternance est objectivement plus difficile qu’il y a deux ans. Selon la Dares, 846 683 contrats d’apprentissage ont démarré en 2025, soit 5 % de moins qu’en 2024, une première baisse depuis la réforme de 2018. En cause : la réduction progressive des aides à l’embauche versées aux entreprises, renforcée par une contribution obligatoire des employeurs pour les niveaux bac+3 et plus depuis juillet 2025. Bonne nouvelle malgré tout : avec plus d’un million d’apprentis en formation, la voie reste solide, à condition de bien cibler son secteur. Ceux qui ne trouvent pas de place peuvent aussi regarder du côté du stage sans passer par une école, une autre porte d’entrée.

Pourquoi les contrats d’alternance reculent-ils en 2025 et 2026 ?

Le contrat d’apprentissage avait atteint son pic en 2024, avec 890 670 nouvelles entrées. En 2025, il marque le pas : 846 683 entrées seulement, en recul de 5 %. Deux décisions expliquent ce retournement. D’abord, la réduction des aides à l’embauche versées aux entreprises, qui avaient alimenté la croissance des années précédentes. Ensuite, l’instauration en juillet 2025 d’une participation obligatoire des employeurs aux frais de formation pour les contrats visant un diplôme de niveau bac+3 et plus, ce qui a directement freiné les signatures dans le supérieur.

Le mouvement s’accentue en 2026. Faute d’adoption d’une loi de budget, les aides à l’embauche d’apprentis ne reposent plus, depuis le 1er janvier 2026, que sur les dispositions strictes du Code du travail : seules les entreprises de moins de 250 salariés peuvent encore en bénéficier, et uniquement pour des contrats préparant un diplôme de niveau bac ou infra-bac. Le contrat de professionnalisation, lui, a décroché bien plus tôt et bien plus fort : seulement 86 399 entrées en 2024, soit 63 % de moins que le pic de 2017, après la suppression de son aide à l’embauche en mai 2024.

Quels profils et quels secteurs sont les plus touchés par la baisse ?

La baisse ne frappe pas tout le monde de la même façon. Ce sont surtout les contrats du supérieur qui reculent, avec une chute de 7,8 % pour les niveaux bac+3 et plus, directement liée à la nouvelle participation obligatoire des employeurs. Le tertiaire reste toutefois largement dominant : il concentre 74,2 % des entrées en apprentissage en 2024, loin devant le soutien aux entreprises (13,5 %) et l’hébergement-restauration (9,5 %). La construction et l’industrie restent à la marge du dispositif, même si ce sont elles qui recrutent le plus dans les secteurs en tension hors alternance.

846 683

contrats d’apprentissage démarrés en 2025, soit -5 % vs 2024

1 million

d’apprentis en formation fin 2024, un record

22 %

de ruptures à 9 mois pour les contrats 2024, un plus haut depuis 2019

62 %

des apprentis CAP à BTS en emploi 6 mois après leur sortie

Secteur de formation Part des entrées en apprentissage (2024)
Tertiaire 74,2 %
Soutien aux entreprises 13,5 %
Hébergement-restauration 9,5 %

Où trouver encore un contrat facilement en 2026 ?

Selon le cabinet Walt, entre 10 000 et 20 000 jeunes se retrouvent chaque début d’année sans contrat malgré une inscription en CFA. Mais les tensions varient fortement selon les filières. Le numérique, la comptabilité et les ressources humaines affichent une demande de candidats supérieure à l’offre de contrats disponibles : la concurrence y est donc rude. À l’inverse, le commerce, la logistique et la restauration cherchent activement des candidats, ce qui laisse davantage de marge de manœuvre à qui accepte de viser ces filières, au moins pour un premier contrat. C’est aussi une bonne piste à combiner avec les conseils de notre article sur comment chercher un emploi à la rentrée.

Autre piste sous-exploitée : la fonction publique, qui ne représente que 2,7 % du total des contrats d’apprentissage mais a accueilli 24 140 nouveaux alternants en 2024, dans des mairies, des hôpitaux et des ministères. La fonction publique territoriale y est le premier recruteur, devant l’État puis la fonction publique hospitalière.

Que devient-on après une alternance ?

C’est l’argument le plus solide en faveur de la voie, dans la lignée de ce que montrent nos données sur l’emploi des jeunes diplômés. Parmi les apprentis de niveau CAP à BTS sortis en 2024, selon les données Dares-Depp compilées par Hellowork, 62 % occupaient un emploi salarié six mois après leur sortie, contre 66 % pour la génération 2023. Ce recul de 3,2 points reflète surtout un effet de conjoncture, concentré presque exclusivement sur le secteur privé. Le niveau de diplôme reste déterminant : les titulaires d’un BP atteignent 76 % d’emploi à 6 mois, les BTS entre 70 et 75 %, les bacs pro entre 66 et 74 %, les CAP entre 58 et 66 %. Et la qualité des postes décrochés suit : 60 % des sortants en emploi à 6 mois sont en CDI ou fonctionnaires, et 27 % restent chez leur employeur d’alternance.

Comment sécuriser son alternance malgré la baisse des offres ?

Le revers de la médaille de ces dix années de croissance rapide, c’est un taux de rupture qui atteint désormais 22 % à 9 mois pour les contrats commencés en 2024, son plus haut niveau depuis la réforme de 2018. Les profils les plus exposés sont aussi les plus jeunes : 28,4 % de ruptures chez les apprentis de 16 ans, 30,6 % pour ceux qui préparent un CAP, 32,1 % pour les candidats sans diplôme à l’entrée. À l’opposé, les titulaires d’un bac+5 ou plus ne dépassent pas 11 % de ruptures.

Une rupture n’est cependant pas une fatalité : 43 % des apprentis ayant rompu leur contrat en 2021 en ont signé un nouveau dans les six mois qui ont suivi. Pour limiter le risque, mieux vaut choisir une entreprise qui a déjà accueilli des alternants, préparer sérieusement l’entretien de recrutement grâce à notre guide complet pour décrocher un entretien, et ne pas hésiter à solliciter son CFA au moindre signe de tension avec l’employeur plutôt que d’attendre la rupture.

FAQ : les questions fréquentes sur l’alternance en 2026

Quelle différence entre contrat d’apprentissage et contrat de professionnalisation ?

L’apprentissage vise en priorité les jeunes en formation initiale, avec un âge moyen de 20,5 ans en 2024. Le contrat de professionnalisation, lui, est devenu un véritable outil de reconversion professionnelle pour adultes : l’âge moyen y atteint 31,1 ans, et les moins de 26 ans ne représentent plus que 40,6 % des entrants, contre près de 89 % en 2004.

Que faire si mon contrat d’alternance est rompu en cours d’année ?

Une rupture n’empêche pas de rebondir : 43 % des apprentis concernés en 2021 ont retrouvé un nouveau contrat dans les six mois. L’essentiel est de solliciter rapidement son CFA, qui a l’obligation de continuer à accompagner l’élève dans sa recherche d’un nouvel employeur.

Quels secteurs recrutent le plus en alternance en 2026 ?

Le tertiaire concentre 74,2 % des entrées en apprentissage, loin devant le soutien aux entreprises et l’hébergement-restauration. Mais la tension varie beaucoup selon les métiers : commerce, logistique et restauration cherchent des candidats, quand le numérique, la comptabilité et les ressources humaines restent très demandés par les candidats eux-mêmes.

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