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Évoluer et se reconvertir

Bilan de compétences : déroulé, financement et vos droits

Vingt-quatre heures maximum, trois phases imposées par la loi et des résultats qui n'appartiennent qu'à vous : le mode d'emploi du bilan de compétences.

Guillaume Coudert Guillaume Coudert 6 min de lecture
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Deux femmes échangent autour d’une table lors d’un entretien d’accompagnement professionnel
Vingt-quatre heures maximum, trois phases obligatoires, et un rapport final qui n'appartient qu'à vous.

Le bilan de compétences est un dispositif encadré par le Code du travail : il analyse vos compétences professionnelles et personnelles, vos aptitudes et vos motivations, en appui d’un projet d’évolution. Sa durée est de vingt-quatre heures maximum, réparties sur plusieurs semaines, il comprend obligatoirement trois phases, et il doit être réalisé par un prestataire extérieur à l’entreprise, certifié par l’État. Point capital que beaucoup ignorent : les résultats sont votre seule propriété et ne peuvent être communiqués à personne sans votre accord, employeur compris.

Qui peut faire un bilan de compétences ?

Toute personne active, selon le ministère du Travail : les salariés du secteur privé, les travailleurs indépendants, les demandeurs d’emploi, et les agents du secteur public sous leurs propres textes. Pour un demandeur d’emploi, la demande passe par France Travail, l’APEC ou Cap emploi. Aucune condition d’âge, de diplôme ni d’ancienneté n’est requise par le dispositif lui-même.

La confusion la plus fréquente concerne l’employeur. Un bilan peut être engagé dans deux cadres très différents. Soit à votre initiative, en mobilisant votre compte personnel de formation : si vous le réalisez hors temps de travail, votre employeur n’a même pas à être informé. Soit dans le cadre du plan de développement des compétences de l’entreprise, avec votre consentement obligatoire, et une convention tripartite signée par vous, l’employeur et l’organisme.

Les trois phases obligatoires, dans le détail

Le déroulé n’est pas laissé à la libre appréciation du prestataire : le Code du travail impose trois phases, dont la durée respective varie selon les besoins de la personne.

Phase Ce qui s’y passe Le signe que ça se passe bien
Phase préliminaire Analyse de votre demande et de votre besoin, choix du format adapté, définition conjointe des modalités Le consultant vous demande ce que vous attendez, plutôt que de dérouler un programme standard
Phase d’investigation Construction de votre projet et vérification de sa pertinence, ou élaboration de plusieurs alternatives Vous testez vos hypothèses avec des tests, des entretiens et des données de terrain, pas seulement des discussions
Phase de conclusion Entretiens personnalisés, appropriation des résultats, recensement des moyens, calendrier des étapes Vous repartez avec un plan daté, et la possibilité d’un entretien de suivi

La phase de conclusion se termine par la remise des résultats détaillés et d’un document de synthèse. Retenez cette phrase du ministère du Travail : les résultats du bilan sont la seule propriété du bénéficiaire et ne peuvent être communiqués à un tiers qu’avec son accord. Même quand l’entreprise finance, elle n’a droit à rien d’autre qu’à l’attestation de réalisation.

Comment le financer

Les bilans de compétences sont éligibles au compte personnel de formation, ce qui en fait la voie la plus fréquente pour les salariés. Trois règles à connaître : hors temps de travail, l’employeur n’a pas à être informé ; sur le temps de travail, son accord préalable est nécessaire selon les règles du compte personnel de formation ; dans le plan de développement des compétences, l’entreprise finance mais votre consentement reste obligatoire. Les demandeurs d’emploi passent par France Travail, l’APEC ou Cap emploi, et les modalités de prise en charge du compte personnel de formation évoluent régulièrement, comme nous le détaillons dans notre article sur le financement du CPF.

Choisir son prestataire mérite le même soin que choisir un employeur : la certification par l’État est un préalable, pas une garantie de qualité. Demandez le déroulé précis des trois phases, le nombre d’heures en face-à-face, le profil du consultant et un exemple anonymisé de document de synthèse. Un organisme sérieux répond sans détour.

Si le bilan confirme un changement de cap, la suite est documentée dans notre guide complet de la reconversion professionnelle, et le test sur les vraies raisons de vouloir changer de job permet de clarifier votre motivation avant même de démarrer la démarche.

Questions fréquentes sur le bilan de compétences

Mon employeur peut-il connaître les résultats de mon bilan ?

Non, sauf si vous les lui communiquez vous-même. Les résultats et le document de synthèse sont votre seule propriété, y compris quand l’entreprise finance la démarche dans le cadre du plan de développement des compétences. L’organisme ne peut transmettre que l’attestation de réalisation.

Combien de temps dure réellement un bilan de compétences ?

La loi fixe un maximum de vingt-quatre heures, généralement réparties sur plusieurs semaines pour laisser le temps de la réflexion entre les séances. Beaucoup de parcours durent moins longtemps selon les besoins, et le temps consacré à chacune des trois phases varie selon la situation de la personne.

Peut-on refuser un bilan proposé par son employeur ?

Oui. Le bilan de compétences ne peut être réalisé qu’avec le consentement du salarié, et une convention tripartite doit être signée. Un refus ne constitue pas une faute. À l’inverse, un bilan imposé sans consentement ne respecte pas le cadre légal du dispositif.

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