Aller au contenu
La vie au travail

Meilleures entreprises pour les femmes : palmarès 2026 décrypté

89% des salariées des entreprises Great Place To Work for Women 2026 s'y sentent bien, contre 53% des Françaises. Critères, lauréates et questions à poser.

Guillaume Coudert Guillaume Coudert 8 min de lecture
Partager
Une ingénieure souriante pose dans un atelier industriel, entre deux bancs d'assemblage
Le palmarès Great Place To Work for Women distingue les employeurs où les salariées se disent bien traitées. Un repère utile avant de postuler, à condition de savoir le lire.

En 2026, Great Place To Work France a publié son palmarès Great Place To Work for Women, qui distingue les entreprises où les femmes se disent le mieux traitées. Dans les entreprises certifiées, 89% des salariées estiment qu’il fait bon y travailler, contre 53% des Françaises en moyenne. Pour y figurer, une entreprise doit compter au moins 30% de femmes, 25% de femmes managers dont au moins une dirigeante, et 65% de réponses positives de ses salariées. Pour vous, candidate, la liste sert de repère ; la vraie vérification se fait en entretien.

89%

des salariées des entreprises certifiées disent qu’il fait bon y travailler (GPTW, 2026)

53%

des Françaises en disent autant de leur propre employeur (GPTW, 2026)

65%

de réponses positives des salariées exigées pour être éligible

Pourquoi l’égalité doit peser dans le choix de votre employeur

L’entreprise que vous rejoignez détermine une bonne partie de votre trajectoire. Une culture où les promotions se décident entre initiés freinera votre progression, quel que soit votre niveau. Le rapport annuel Women in the Workplace de McKinsey et LeanIn.Org a popularisé une notion utile pour le comprendre : le « barreau cassé », cette première marche vers le management que les femmes franchissent plus difficilement, et dont le retard se reporte sur toute la suite de la carrière.

Rejoindre une organisation où l’égalité est mesurée, c’est donc s’assurer que les promotions reposent sur des critères connus, que la parentalité ne met pas votre carrière entre parenthèses et que la flexibilité n’est pas réservée à quelques-uns. Si votre poste actuel ne vous offre plus rien de tout cela, notre guide pour retrouver du sens au travail vous aidera à décider s’il faut partir ou renégocier.

Les critères du label en 2026 : ce qu’ils vous disent d’un employeur

Comprendre comment le label est attribué vous donne une grille réutilisable en entretien, y compris face à une entreprise qui n’a jamais candidaté. Voici les conditions d’éligibilité de l’édition 2026, publiées par Great Place To Work France.

Critère Seuil exigé en 2026 Ce que vous pouvez en déduire
Certification Great Place To Work Obtenue en France en 2025 L’entreprise accepte d’être auditée par ses propres salariés
Part de femmes dans l’effectif Au moins 30% Les femmes ne sont pas une minorité isolée
Part de femmes parmi les managers Au moins 25%, dont au moins une dirigeante Le plafond de verre n’est pas total au sommet
Réponses positives des salariées Au moins 65%, enquête Trust Index et indice de parité Le ressenti des femmes est mesuré, pas seulement les chiffres RH

Ces seuils ont évolué. Lors de l’édition 2023, l’institut exigeait au moins 33% de femmes dans l’effectif et 33% parmi les managers. Comparez toujours une entreprise à l’édition de l’année où elle a été distinguée.

Le palmarès 2026 : ce que font concrètement les lauréates

Great Place To Work France a publié les bonnes pratiques de 28 entreprises lauréates de l’édition 2026. Quelques exemples montrent ce qu’il est devenu légitime d’attendre d’un employeur :

Entreprise Ce qu’elle met en avant
EBS Group Trois femmes associées sur huit et quatre femmes au comité de direction
Audika 99/100 à l’index de l’égalité professionnelle en 2025, et 94% de salariés qui estiment être traités équitablement quel que soit leur genre
SNCF Connect & Tech 97/100 à l’index de l’égalité professionnelle en 2025
eBay France 20 semaines de congé maternité rémunérées à 100%
Avril Une hausse de 20% des promotions féminines en 2022 et 2023

Ces pratiques sont classées par l’institut en huit thèmes : gouvernance paritaire, recrutement inclusif, égalité salariale, parentalité, santé des femmes, développement de carrière, sensibilisation à l’inclusion et flexibilité. Le même institut publie aussi le palmarès général, dont nous avons décrypté les coulisses des Best Workplaces 2026.

L’index est public : c’est l’une des rares données que vous pouvez vérifier avant même l’entretien. Notre mode d’emploi pour lire l’index égalité avant de postuler détaille les trois indicateurs à regarder. Il ne dit pas tout : notre décryptage de l’écart salarial entre femmes et hommes explique pourquoi les chiffres varient autant selon la méthode. Et une refonte est annoncée pour 2027 avec la transposition de la directive européenne, que nous détaillons dans notre article sur la transparence des salaires.

Les 5 questions pour démasquer le « pink-washing » en entretien

Vous postulerez sans doute dans des entreprises absentes du palmarès. Pour vérifier que l’égalité n’y est pas qu’un argument marketing, faites de l’entretien un échange à double sens. Ces questions s’ajoutent à celles que le recruteur vous posera, et que nous préparons dans notre guide des questions pièges en entretien d’embauche.

  1. « Quelle est la part de femmes dans votre comité de direction ? » Sans aucune femme au sommet, le plafond de verre risque d’être infranchissable.
  2. « Comment accompagnez-vous les retours de congé maternité ou parental ? » Une entreprise inclusive a un processus de réintégration clair, pas un retour improvisé.
  3. « Quelle est votre politique de télétravail et d’aménagement des horaires ? » La flexibilité est l’un des leviers d’égalité les plus concrets au quotidien.
  4. « Quelle est votre note à l’index de l’égalité professionnelle cette année ? » La publication est obligatoire à partir de 50 salariés : une hésitation est un mauvais signal.
  5. « Combien de femmes ont été promues managers l’an dernier ? » C’est la question du barreau cassé : la réponse dit si la première marche est réellement accessible.

Restez attentive aux signaux faibles pendant tout le processus. Notre guide pour repérer un management toxique dès l’entretien liste ceux qui doivent vous alerter avant de signer.

Briser votre propre plafond de verre

Trouver le bon employeur n’est que la première étape. Pour faire avancer votre carrière durablement, travaillez aussi votre positionnement. Le doute sur sa propre légitimité freine souvent au moment de négocier un salaire à l’embauche ou de revendiquer une promotion. Notre article sur les peurs professionnelles à transformer en moteur propose des exercices concrets.

Adoptez une communication assertive. Remplacez « On a réussi ce projet » par « J’ai piloté ce projet ». Chiffrez systématiquement vos résultats sur votre CV et lors de vos entretiens annuels. Au moment de parler argent, préparez une réponse aux prétentions salariales qui ne ferme aucune porte, et identifiez vos réflexes avec notre quiz sur votre profil de négociatrice.

Le palmarès trace une voie : il montre qu’il est possible de lier égalité, bien-être et performance. Mais la balle est aussi dans votre camp. En choisissant vos employeurs avec exigence et en posant les questions qui dérangent, vous faites bouger les lignes.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre Best Workplaces for Women et Great Place To Work for Women ?

Il s’agit du même palmarès de Great Place To Work France, consacré à l’égalité entre femmes et hommes. L’édition 2025 était présentée sous le nom Best Workplaces for Women ; l’édition 2026 porte le nom Great Place To Work for Women.

Une entreprise absente du palmarès est-elle forcément moins égalitaire ?

Non. Le palmarès ne retient que les entreprises qui ont candidaté et obtenu la certification Great Place To Work. Une entreprise absente peut avoir de bonnes pratiques : vérifiez son index de l’égalité professionnelle et posez les cinq questions ci-dessus en entretien.

Où trouver l’index de l’égalité professionnelle d’une entreprise ?

Les entreprises d’au moins 50 salariés doivent le publier sur leur site internet. Le ministère du Travail met également les résultats à disposition sur sa plateforme Egapro.

Quels sont les critères pour figurer au palmarès 2026 ?

Avoir obtenu la certification Great Place To Work en France en 2025, compter au moins 30% de femmes dans l’effectif et 25% parmi les managers, dont au moins une dirigeante, et obtenir au moins 65% de réponses positives de ses salariées.

Sources : Great Place To Work France, Great Place To Work for Women 2026 ; Great Place To Work France, édition 2023 ; Éditions Tissot, index de l’égalité 2026 ; Fréquence Audio, Audika lauréate 2026.

Partager

Sujets :

À lire ensuite