Index égalité : le chiffre à regarder avant de postuler
Public et obligatoire au-delà de 50 salariés, l'index de l'égalité professionnelle est une donnée rare sur un employeur. Les trois indicateurs à regarder.
Toutes les entreprises d’au moins 50 salariés doivent calculer, publier et transmettre chaque année leur index de l’égalité professionnelle, au plus tard le 1er mars, sur les données de l’année précédente. Ce résultat est public et consultable sur le site de l’entreprise ainsi que sur la plateforme du ministère du Travail. C’est une information rare : sur la plupart des sujets, un candidat n’a que du discours.
Encore faut-il la lire correctement. La note globale sur 100 agrège plusieurs indicateurs de poids très inégal, et une bonne note peut masquer un point faible précis. L’information utile n’est pas le total, c’est la répartition.
Ce que mesure la note sur 100
| Indicateur | Points | Ce qu’il révèle |
|---|---|---|
| Écart de rémunération entre femmes et hommes | 40 | Le cœur du sujet, par tranche d’âge et catégorie |
| Écart de répartition des augmentations individuelles | 20 | Qui bénéficie des enveloppes discrétionnaires |
| Écart de répartition des promotions | 15 | L’accès réel aux responsabilités |
| Augmentation au retour de congé maternité | 15 | Le respect d’une obligation légale simple |
| Parité parmi les dix plus hautes rémunérations | 10 | Le plafond de verre, en clair |
Dans les entreprises de 50 à 250 salariés, les indicateurs d’augmentations et de promotions sont fusionnés en un seul, ce qui modifie la répartition des points. La note d’une PME et celle d’un grand groupe ne se comparent donc pas terme à terme.
Les trois lectures qui comptent avant de postuler
Première lecture, l’indicateur du retour de congé maternité. Il vaut 15 points et récompense le respect d’une règle légale élémentaire : une salariée revenant de congé maternité doit bénéficier des augmentations générales et de la moyenne des augmentations individuelles versées pendant son absence. Une entreprise qui perd ces points n’a pas un problème de politique salariale sophistiquée, elle a un problème d’application du droit.
Deuxième lecture, la parité parmi les dix plus hautes rémunérations. Cet indicateur vaut peu de points mais dit beaucoup. Zéro ou une femme parmi les dix mieux payés, dans une entreprise majoritairement féminine, décrit un plafond concret. Si vous visez une évolution vers des fonctions de direction, c’est le chiffre à regarder en premier.
Troisième lecture, l’absence de note. Une entreprise peut déclarer des indicateurs « incalculables » quand ses effectifs sont trop faibles dans certaines catégories. C’est légitime, mais une absence répétée de publication, elle, constitue un manquement.
Comment l’utiliser en entretien
Un index se transforme facilement en question précise, ce qui vous distingue des candidats qui demandent « quelle est votre culture d’entreprise ». Trois formulations qui fonctionnent : « votre index affiche 15 sur 15 sur le retour de congé maternité, comment procédez-vous concrètement ? », « la parité dans les dix plus hautes rémunérations progresse-t-elle cette année ? », ou « comment sont réparties les augmentations individuelles dans cette équipe ? ».
Ces questions ne sont pas offensives : elles montrent que vous vous êtes documenté sur des données publiques. Une entreprise à l’aise y répond en trente secondes. Une entreprise gênée change de sujet, ce qui constitue aussi une réponse. Nous avons rassemblé d’autres signaux de ce type dans notre article sur la façon de repérer les entreprises avant de postuler.
L’index complète utilement les palmarès, qui mesurent une perception là où lui mesure des écarts constatés. Notre article sur la lecture des palmarès employeurs détaille cette différence, et celui sur les trois chiffres de l’écart salarial donne le cadre statistique national.
Questions fréquentes sur l’index de l’égalité professionnelle
Où consulter l’index d’une entreprise ?
Sur son site internet, où la publication est obligatoire et doit rester visible, et sur la plateforme dédiée du ministère du Travail qui recense les résultats déclarés.
Quelle note est considérée comme correcte ?
En dessous de 75 points, l’entreprise doit définir des mesures de correction et de rattrapage dans un délai de trois ans. En dessous de 85 points, elle doit fixer et publier des objectifs de progression pour chaque indicateur.
Que se passe-t-il si une entreprise ne publie pas son index ?
Le défaut de publication expose l’employeur à une pénalité financière pouvant atteindre 1 % de sa masse salariale annuelle. C’est le même régime de sanction que l’absence de mesures correctives après trois ans sous 75 points.
L’index dit-il tout de l’égalité dans une entreprise ?
Non. Il mesure des écarts chiffrés sur cinq indicateurs. Il ne dit rien du sexisme ordinaire, de la répartition de la charge mentale ou des conditions de retour à temps partiel. C’est un point de départ, pas un verdict.
Guillaume Coudert