Quiz présentéisme : allez-vous travailler même malade ?
Allez-vous travailler malade ? Huit questions pour connaître votre profil face au présentéisme, avec les chiffres de la Dares sur les jours de carence.
Rhume, fièvre, angine : à chaque épidémie d’hiver, la même question revient, faut-il aller travailler malade ? Ce test en huit questions vous dit quel est votre réflexe face au présentéisme, cette pratique qui consiste à travailler alors qu’on est malade. Quatre profils possibles, aucun piège : répondez comme vous agissez vraiment, pas comme vous aimeriez agir.
Question 1 / 8
Mardi, 7 h : vous vous réveillez avec de la fièvre. Votre premier réflexe ?
En réunion, vous toussez sans arrêt. Votre manager vous dit de rentrer chez vous. Vous…
Pour vous, un arrêt maladie, c’est…
Le dossier urgent de la semaine tombe en plein milieu de votre angine.
Un collègue arrive au bureau en éternuant. Votre première pensée ?
Votre dernière journée de maladie vraiment sans écran professionnel, c’était…
Ce qui vous pousse le plus à travailler malgré la maladie ?
Votre devise face à la maladie au travail ?
Comment fonctionne ce test sur le présentéisme ?
Chaque réponse renvoie à l’un des quatre réflexes les plus courants face à la maladie au travail : venir coûte que coûte, rester chez soi mais connecté, décider selon ce que l’on perd en salaire, ou s’arrêter pour de bon. Le profil qui revient le plus souvent l’emporte. Ce quiz n’a aucune valeur médicale : il ne dit pas si vous êtes assez malade pour vous arrêter, seul un médecin peut le faire. Il vous aide à voir ce qui pèse réellement dans votre décision.
Le résultat ne juge pas. Le présentéisme tient rarement au seul caractère : il dépend aussi de votre manager, de la charge de travail et de votre fiche de paie. C’est ce que montrent les données publiques ci-dessous.
Travailler malade : ce que disent les chiffres de la Dares
Le présentéisme n’a rien de marginal. Dans une étude publiée en août 2020 (Dares Analyses n° 24), la Dares, le service statistique du ministère du Travail, s’appuie sur l’enquête Conditions de travail et risques psychosociaux de 2016 : cette année-là, les salariés signalent en moyenne onze jours de maladie, dont huit ont donné lieu à une absence. Les trois autres, ils sont allés travailler.
27 %
des jours de maladie passés au travail en 2016 (Dares)
3 jours
de carence avant les indemnités de la Sécurité sociale
46 %
des entreprises de 10 salariés ou plus n’indemnisent pas ces jours en 2024 (Dares)
Surtout, la Dares relève que la propension au présentéisme dépend des conditions de travail : les salariés qui signalent de mauvaises relations avec leur hiérarchie, un travail intense ou un sentiment d’insécurité économique passent au travail une part plus importante de leurs jours de maladie. Autrement dit, ceux qui viennent malades ne sont pas forcément les plus motivés. Ce sont souvent ceux qui ont le plus peur de manquer.
Les quatre profils du test, en un coup d’œil
| Profil | Réflexe dominant | Le risque | La bonne question à se poser |
|---|---|---|---|
| Le soldat du bureau | Venir quoi qu’il arrive | Prolonger la maladie, contaminer l’équipe | Qu’est-ce que je crains vraiment si je m’arrête ? |
| Le présent à distance | Rester connecté depuis chez soi | Ne jamais vraiment récupérer | Qui peut prendre le relais pendant deux jours ? |
| Le calculateur | Décider selon la perte de salaire | Laisser l’argent décider à la place de la santé | Mes jours de carence sont-ils couverts ? |
| L’équilibré | S’arrêter et organiser une passation | Culpabiliser si l’entreprise valorise le présentéisme | Mon manager sait-il comment me joindre en cas d’urgence réelle ? |
Jours de carence : pourquoi votre fiche de paie pèse dans la décision
Pour un salarié du privé, l’Assurance maladie verse les indemnités journalières après un délai de carence de trois jours, qui s’applique à chaque arrêt de travail, rappelle Service-Public.fr (page vérifiée le 1er juin 2026). Sans prise en charge par l’employeur, un rhume de trois jours se paie donc directement sur le salaire.
Or cette prise en charge est loin d’être générale. Selon une étude publiée en septembre 2026 (Dares Focus n° 39), 45 % des entreprises de dix salariés ou plus du secteur privé non agricole déclarent indemniser tout ou partie de ces trois jours en 2024 ; elles emploient 66 % des salariés du champ. À l’inverse, 46 % n’indemnisent pas du tout ces jours. L’écart tient beaucoup à la taille : 81 % des entreprises de 500 salariés et plus indemnisent les trois premiers jours, contre 41 % de celles de 10 à 49 salariés.
Le présentéisme ne se règle donc pas seulement à coups de volonté individuelle : il se joue aussi dans les règles de l’entreprise et dans la relation avec le manager. Si vous vous reconnaissez dans un quotidien où l’on n’ose jamais s’arrêter, lisez aussi notre décryptage des signaux d’un management qui épuise.
FAQ : présentéisme et travail malade
Qu’est-ce que le présentéisme au travail ?
C’est le fait d’aller travailler alors qu’on est malade. La Dares le mesure comme la part des jours de maladie passés au travail plutôt qu’en arrêt : 27 % en 2016, selon son étude publiée en août 2020.
Faut-il un arrêt de travail pour être indemnisé ?
Oui. Les indemnités journalières sont versées au salarié en arrêt de travail pour maladie, après un délai de carence de trois jours, selon Service-Public.fr. Pas d’arrêt prescrit, pas d’indemnités journalières : c’est la première démarche à faire.
Les jours de carence sont-ils toujours payés par l’entreprise ?
Non. Selon la Dares, en 2024, 45 % des entreprises de dix salariés ou plus indemnisent tout ou partie des trois jours de carence et 46 % ne les indemnisent pas. Votre convention collective ou votre accord d’entreprise peut prévoir une prise en charge : vérifiez-le avant de décider.
Guillaume Coudert