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La vie au travail

Jours de fractionnement : vos congés bonus avant le 31 octobre

Poser au moins 3 jours de congé principal hors période d'été donne droit à 1 ou 2 jours en plus. La règle, les pièges et le calcul à faire avant le 31 octobre.

Guillaume Coudert Guillaume Coudert 7 min de lecture
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Une main note des dates de conges sur un calendrier de bureau au mois d octobre
Le fractionnement du congé principal ouvre droit à des jours supplémentaires que beaucoup de salariés ne réclament jamais.

Si vous n’avez pas pris la totalité de vos quatre semaines de congé principal entre le 1er mai et le 31 octobre, le code du travail vous accorde des jours en plus : 1 jour ouvrable si vous posez entre 3 et 5 jours de ce congé hors période, 2 jours ouvrables si vous en posez 6 ou plus. La cinquième semaine ne compte pas dans le calcul. Ces jours de fractionnement sont dus de plein droit, sauf renonciation écrite de votre part ou accord collectif qui en fixe d’autres règles. À quelques semaines du 31 octobre 2026, c’est le moment de vérifier votre compteur.

Comment fonctionne le fractionnement du congé principal

Le raisonnement part d’une obligation : sur les 30 jours ouvrables de congés annuels (cinq semaines), le congé principal représente 24 jours ouvrables, soit quatre semaines. Vous devez en prendre au moins 12 jours ouvrables d’affilée, donc deux semaines, entre le 1er mai et le 31 octobre. Le reste du congé principal, jusqu’à 12 jours, peut être fractionné. Et si une partie de ce reste est prise entre le 1er novembre et le 30 avril, la loi compense la gêne par des jours supplémentaires.

Le décompte est simple sur le papier : entre 3 et 5 jours pris hors période, vous gagnez 1 jour ouvrable ; 6 jours ou plus, vous en gagnez 2. Le plafond est de 2 jours par période de référence, quel que soit le nombre de jours fractionnés. Ce qui n’entre pas dans le calcul, c’est la cinquième semaine, les jours de RTT, les congés conventionnels supplémentaires et les congés d’ancienneté.

12 jours

Congé continu minimum à prendre entre le 1er mai et le 31 octobre

1 jour

Pour 3 à 5 jours du congé principal pris hors période

2 jours

Pour 6 jours ou plus pris hors période

31 octobre

Fin de la période légale de prise du congé principal

Trois situations concrètes, et ce qu’elles rapportent

Ce que vous avez posé Congé principal pris hors période Jours de fractionnement
3 semaines en août, 1 semaine à Noël, 1 semaine en février 6 jours ouvrables (la semaine de Noël ; celle de février est la cinquième semaine) 2 jours
2 semaines en juillet, 1 semaine à la Toussaint après le 31 octobre, 2 semaines en avril 12 jours ouvrables (la Toussaint et l’une des deux semaines d’avril ; l’autre est la cinquième semaine) 2 jours (plafond)
4 semaines en été, 1 semaine à Noël 0 (la semaine de Noël est la cinquième semaine) Aucun

Le troisième cas explique la plupart des déceptions : prendre sa cinquième semaine en hiver ne donne rien. Le fractionnement ne récompense que le congé principal déplacé hors de l’été. À l’inverse, le premier cas montre qu’une seule semaine de congé principal posée à Noël suffit à déclencher les 2 jours.

Les pièges qui font perdre ces jours

Le premier piège tient dans une phrase glissée dans votre demande de congés, sur le formulaire ou dans le logiciel : « je renonce aux jours de fractionnement ». Cette renonciation doit être individuelle, expresse et non équivoque. L’employeur peut la solliciter, il ne peut pas la présumer, et une case pré-cochée n’a aucune valeur. Si vous ne voulez pas y renoncer, ne cochez rien et ne signez rien qui la contienne.

Le deuxième piège vient de l’employeur qui impose lui-même le fractionnement, par exemple en fermant l’entreprise deux semaines en août et en obligeant à poser le reste plus tard. Dans ce cas, les jours sont dus exactement de la même façon : ce qui compte, c’est le fait que le congé principal soit pris hors période, pas de savoir qui a décidé.

Le troisième piège est la convention collective. Un accord d’entreprise ou de branche peut fixer d’autres règles, y compris supprimer les jours de fractionnement en échange d’une contrepartie. Avant de réclamer, vérifiez le texte applicable, dont la référence figure sur votre bulletin de paie. Sans clause particulière, c’est le code du travail qui s’applique. Ce réflexe rejoint ceux que nous décrivons dans l’article sur le droit à la déconnexion tranché par la Cour de cassation.

Comment les réclamer sans conflit

Commencez par votre solde de congés sur le bulletin de paie ou l’outil RH : les jours de fractionnement y apparaissent parfois sous un libellé distinct, parfois pas du tout. S’ils manquent, un courriel factuel au service paie suffit dans la plupart des cas : dates du congé principal, dates prises hors période, nombre de jours demandés, référence à l’article L3141-23 du code du travail. Gardez la réponse. En cas de refus persistant, les représentants du personnel puis le conseil de prud’hommes sont compétents, avec une prescription de trois ans sur les rappels de congés.

Le bon moment pour poser la question est maintenant, avant la clôture de la période le 31 octobre, plutôt qu’au printemps quand le compteur est déjà soldé. C’est aussi une façon d’organiser l’année : notre article sur la reprise après les vacances explique pourquoi les coupures courtes et régulières tiennent mieux que le seul mois d’août, et celui sur la semaine de 4 jours montre comment certaines entreprises repensent le temps de repos.

Questions fréquentes

Les jours de fractionnement sont-ils payés ?

Oui, comme des congés payés ordinaires. Ils sont pris, pas monétisés, sauf en cas de départ de l’entreprise où ils entrent dans l’indemnité compensatrice de congés payés.

Le temps partiel y a-t-il droit ?

Oui, dans les mêmes conditions. Le décompte se fait en jours ouvrables, comme pour un temps plein.

Je suis arrivé en cours d’année, est-ce que je peux en bénéficier ?

Oui, dès lors que vous avez acquis un congé principal et qu’une partie est prise hors période. Avec peu de jours acquis, le seuil de 3 jours hors période est plus difficile à atteindre, mais rien ne l’exclut.

Mon employeur peut-il m’obliger à renoncer aux jours de fractionnement ?

Non. Il peut le demander, et conditionner son accord sur des dates fractionnées à cette renonciation si aucun accord collectif ne l’interdit. Mais la renonciation reste votre décision, formalisée par écrit. Si vous préférez garder vos jours, dites-le.

Source : la fiche Service-Public.fr sur les congés payés dans le secteur privé, vérifiée le 30 avril 2026, et l’article L3141-23 du code du travail. Pour les congés plus longs, voir aussi notre guide sur le congé sabbatique.

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