Tiens, si je faisais un tour du monde, testant la « vanlife » en m’émerveillant pendant de longs mois de tout un tas de voyages ultra dépaysants ?
Ce projet, je l’ai, il me fait rêver. Vous l’avez peut-être aussi. Que ce soit pour faire le tour du monde avec un sac à dos, pour vous consacrer à une passion créative dévorante, ou même pour vous lancer corps et âme dans un projet associatif qui a du sens pour vous. Et si vous êtes salarié dans une entreprise, l’idéal serait certainement d’avoir recours à un congé sabbatique.
Mais alors, c’est quoi exactement un congé sabbatique ? Comment s'y prendre concrètement ? Et surtout, comment le demander à son employeur sans qu’il se liquéfie sur place en vous imaginant siroter des mojitos pendant qu'il gère les urgences ?
Comprendre les règles du jeu : les bases légales
Avant de foncer voir votre manager des étoiles plein les yeux, un petit rappel des règles s'impose. Car oui, le congé sabbatique est très encadré par le Code du Travail (ce qui est plutôt une bonne nouvelle, car cela protège vos droits).
Un congé sabbatique, c’est une période de suspension de votre contrat de travail d'une durée comprise entre 6 et 11 mois. Pas moins de six mois, et pas un jour de plus que onze mois. Durant cette parenthèse, vous n'êtes pas rémunéré par votre employeur, mais — et c'est là tout l'intérêt —, vous êtes assuré de retrouver votre poste (ou un emploi similaire avec une rémunération au moins équivalente) à votre retour.
Pour y prétendre, vous devez remplir des conditions d'ancienneté cumulatives, qui visent à s'assurer que vous avez déjà "roulé votre bosse" professionnellement :
- Justifier d'une ancienneté d'au moins 36 mois (consécutifs ou non) dans votre entreprise actuelle (ou dans les autres entreprises du même groupe).
- Justifier de 6 années d’activité professionnelle au total au cours de votre vie (toutes expériences confondues).
- Ne pas avoir bénéficié dans la même entreprise, au cours des 6 dernières années, d'un autre congé sabbatique, d'un congé pour création d'entreprise ou d'un congé de formation d'au moins 6 mois.
Si vous cochez toutes ces cases, félicitations, vous êtes éligible ! Il ne reste plus qu'à préparer le terrain.
1 - Réfléchissez profondément à vos motivations
Légalement, vous n'avez absolument aucune obligation de justifier votre demande auprès de votre employeur. Vous avez le droit de vouloir prendre 11 mois pour apprendre à tricoter des pulls pour pingouins, c'est votre choix. Cependant, dans la réalité des relations humaines en entreprise, la transparence est souvent la meilleure alliée.
Si l’employeur n’a pas forcément à savoir ce que vous allez faire de votre temps dans les moindres détails, il peut être extrêmement utile, pour vous comme pour lui, de réfléchir au sens que ce congé a réellement pour vous et de savoir l'expliquer de manière professionnelle.
Pourquoi ? Parce qu'un départ prolongé soulève toujours des questions et parfois des inquiétudes du côté managérial. En donnant du sens à votre démarche, vous rassurez. Se ressourcer après plusieurs années intenses pour éviter le burn-out, se former à de nouvelles compétences qui pourraient même être utiles à l'entreprise par la suite, apprendre des langues lors d'une immersion totale à l'étranger, découvrir un pays pour se convaincre (ou non) d’un projet de mobilité future, ou encore réaliser un vieux rêve personnel pour revenir ensuite pleinement concentré et apaisé…
Ces raisons vous appartiennent profondément, et les partager avec conviction et sincérité à votre employeur ne fera qu’optimiser vos chances d’obtenir son accord (ou du moins, de ne pas braquer la relation). Un employeur sera toujours plus enclin à accepter le départ temporaire d'un collaborateur qui sait où il va plutôt que d'une personne qui semble simplement "fuir" son poste actuel.
2 - Faites votre demande à l’avance (et dans les formes)
Un projet d'une telle envergure ne s'improvise pas du jour au lendemain, ni pour vous, ni pour l'entreprise qui va devoir s'organiser pour pallier votre absence pendant plusieurs mois. C'est pourquoi la loi impose un délai de prévenance.
Vous devez informer votre employeur de votre volonté de prendre un congé sabbatique au moins 3 mois avant la date de départ souhaitée. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est le Code du Travail ! Ce délai est incompressible et crucial.
Toutefois, je vous déconseille vivement de balancer cette information froidement par courrier recommandé sans crier gare. La bonne approche est avant tout humaine. Cela nécessite de proposer un échange en face-à-face (ou en visio) à votre manager et/ou à votre DRH pour leur annoncer la nouvelle de vive voix. La réception de l'information dépendra de nombreux facteurs : bonne s’il est bien luné, mauvaise s’il a passé une sale journée (je caricature, mais le timing compte énormément). En gros, choisissez bien le moment pour aborder ce sujet stratégique. Évitez la veille d'une grosse échéance ou le matin d'une crise majeure.
Une fois que la discussion a eu lieu et que les premières réactions ont pu être gérées, il faut passer à l'étape formelle. Faites un courrier recommandé avec accusé de réception (ou une remise en main propre contre décharge) pour confirmer officiellement votre demande.
Ce courrier doit impérativement contenir :
- La référence précise à l'article du Code du Travail relatif au congé sabbatique (L. 3142-28 et suivants).
- La date de départ précise que vous avez prévue.
- La durée exacte de votre absence (exprimée en mois, entre 6 et 11).
- (Facultatif mais très apprécié) Votre proposition concrète pour organiser et accompagner la passation de vos dossiers avant votre départ, montrant ainsi votre professionnalisme jusqu'au bout.
💡 Le détail légal qui change tout
D’ailleurs, voici un petit détail légal extrêmement utile à connaître : l'employeur a exactement 30 jours à compter de la réception de votre demande (le courrier recommandé faisant foi) pour vous répondre. En l'absence de réponse expresse de sa part dans ce délai précis de 30 jours, votre congé sabbatique est considéré comme automatiquement accordé par la loi. C'est ce qu'on appelle une acceptation tacite.
S'il vous répond, il peut soit accepter (sans conditions), soit demander un report de votre départ (jusqu'à 6 ou 9 mois selon la taille de l'entreprise, pour des raisons d'organisation), soit refuser (mais le refus n'est possible que dans les entreprises de moins de 300 salariés et s'il peut prouver que votre absence aura des conséquences préjudiciables à la bonne marche de l'entreprise, ce qui est très encadré).
3 - Restez souple (et anticipez les freins)
Et je ne parle pas de vous mettre au yoga pour préparer votre départ en Inde... Je parle de l'attitude à adopter face à votre hiérarchie. L'objectif est d'obtenir l'accord le plus sereinement possible, et cela demande souvent de rester un minimum ouvert à la négociation sur les modalités du congé, en particulier sur la date de départ.
Si votre manager vous explique que partir en plein milieu du plus gros projet de l'année met toute l'équipe en difficulté, mais qu'un départ deux mois plus tard serait parfaitement gérable, soyez prêt à décaler légèrement vos plans si cela est possible pour vous. Cette flexibilité témoignera de votre engagement envers l'entreprise malgré votre projet de départ temporaire.
Qui sait, en dialoguant ouvertement, l’employeur pourrait même peut-être vous proposer un format encore plus sympathique ! Parfois, un projet de congé sabbatique se transforme, d'un commun accord, en un passage à temps partiel annualisé, en une période de télétravail depuis l'étranger (si votre métier le permet), ou en un congé sans solde plus court et plus facile à absorber pour l'entreprise.
Et l'aspect financier dans tout ça ?
C'est souvent le grand sujet tabou, mais il faut l'aborder de front : le congé sabbatique n'est pas rémunéré. Vous ne toucherez pas de salaire, vous n'acquerrez pas de congés payés ni d'ancienneté (sauf disposition conventionnelle plus favorable), et votre couverture maladie peut évoluer.
Il est donc absolument fondamental de préparer le financement de ce projet bien en amont. Comment financer son tour du monde ou son année de break ?
- Le Compte Épargne Temps (CET) : Si votre entreprise a mis en place ce dispositif et que vous avez accumulé des jours de congés ou de RTT non pris au fil des années, vous pouvez demander à les utiliser en totalité ou en partie pour "financer" une période rémunérée au début de votre congé.
- L'épargne personnelle : C'est la base. Un tel projet nécessite souvent des mois, voire des années d'économies préalables.
- Une activité rémunérée annexe : Contrairement aux idées reçues, vous avez tout à fait le droit de travailler pendant un congé sabbatique (salariat ou création d'entreprise), à la seule et stricte condition de respecter une obligation de loyauté et de non-concurrence envers votre employeur principal.
Voilà pour les conseils essentiels. N'oubliez pas que la préparation minutieuse de votre départ est la clé pour pouvoir en profiter sereinement et pour préparer un retour en douceur dans l'entreprise à la fin de cette parenthèse.
Et le p’tit dernier conseil pour la route :
- En cas d’acceptation de votre demande par votre boss... go sur havaianas.com (ou sur le site de réservation de votre van aménagé !) et profitez de chaque instant de cette opportunité rare.
- En cas de refus (si justifié et légal)... go sur havaianas.com aussi pour vous remonter le moral, mais peut-être pas avec le même budget voyage pour cet été !
N'hésitez pas à me partager vos projets d'évasion en commentaire, je suis super curieux de les découvrir !
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