Recrutement : les régions où les employeurs peinent le plus
Deux millions de postes à pourvoir, mais pas partout ni dans les mêmes métiers. Le détail région par région, et ce que ça change concrètement pour votre recherche.
La Nouvelle-Aquitaine est la région où les employeurs déclarent le plus de difficultés à recruter, avec 49,8 % de leurs projets jugés difficiles, devant les Pays de la Loire (49,2 %) et la Bretagne (48,8 %). À l’inverse, l’Île‑de‑France concentre le plus gros volume de postes, 388 806, avec la plus faible part de projets difficiles du pays, 35,6 %. Pour un candidat, cet écart de quatorze points change tout : à métier égal, votre valeur sur le marché n’est pas la même selon l’endroit où vous postulez.
Où les employeurs peinent-ils le plus à recruter ?
Les chiffres viennent de l’enquête Besoins en main-d’œuvre de France Travail, menée entre octobre et décembre 2025 auprès de 416 588 établissements en métropole et dans les départements d’outre-mer, publiée le 21 avril 2026. Elle recense 2 274 951 projets de recrutement pour l’année, en recul de 6,5 % par rapport à 2025. La bonne nouvelle pour les candidats tient dans un autre chiffre : la part des projets jugés difficiles tombe à 43,8 %, contre 50,1 % un an plus tôt.
| Région | Projets de recrutement | Part jugée difficile |
|---|---|---|
| Île-de-France | 388 806 | 35,6 % |
| Auvergne-Rhône-Alpes | 255 407 | 47,8 % |
| Nouvelle-Aquitaine | 248 798 | 49,8 % |
| Provence-Alpes-Côte d’Azur | 215 087 | 38,4 % |
| Occitanie | 200 470 | 40,7 % |
| Grand Est | 162 940 | 46,2 % |
| Pays de la Loire | 154 743 | 49,2 % |
| Hauts-de-France | 151 279 | 43,2 % |
| Bretagne | 131 700 | 48,8 % |
| Normandie | 100 692 | 47,7 % |
Deux mouvements méritent d’être retenus. La Bourgogne-Franche-Comté enregistre la plus forte détente du pays, avec 10,1 points de difficultés en moins sur un an. Et la Bretagne est la région la plus stable en volume, avec une variation de seulement 0,1 % : les employeurs y recrutent autant que l’an dernier, mais ils cherchent toujours autant.
Les métiers qui cherchent le plus de bras
Le classement par volume donne une image très différente de celle qu’on se fait habituellement du marché du travail. Les neuf métiers les plus recherchés cette année relèvent de la restauration, de l’agriculture, de la propreté, du soin et du commerce.
97 100
projets pour les aides de cuisine et employés polyvalents de restauration
93 800
projets pour les serveurs de cafés et de restaurants
+13,3 %
de projets pour les aides à domicile et auxiliaires de vie, un des rares métiers en forte croissance
Derrière le trio de tête viennent les viticulteurs et arboriculteurs (83 800 projets, dont plus de 95 % de postes saisonniers), les agriculteurs (82 000), les agents d’entretien de locaux (80 900), les aides à domicile et auxiliaires de vie (69 500), les aides-soignants (62 100), les employés de libre-service (59 900) et les cuisiniers (51 600). La part saisonnière est le point à vérifier avant de se positionner : un volume élevé ne signifie pas un emploi durable.
L’industrie résiste mieux que les autres secteurs
Dans un marché en recul de 6,5 %, l’industrie affiche la plus faible baisse de tous les secteurs, à 2,4 %, et représente 9,3 % de l’ensemble des projets de recrutement. Certains sous-secteurs progressent nettement : les industries extractives, énergétiques et de gestion des déchets voient leurs projets d’embauche bondir de 24,8 % sur un an, le travail du bois, du papier et de l’imprimerie de 4,5 %.
Deux réserves pour lire ces données correctement. Ce sont des intentions déclarées par les employeurs à l’automne 2025, pas des embauches constatées, et 41 % seulement des projets portent sur un CDI. Les trois quarts de ces CDI visent à remplacer un départ définitif ou à accompagner une nouvelle activité, ce qui reste un signal de solidité. Pour aller plus loin, nous avons détaillé le nombre de candidatures reçues par offre et la méthode pour structurer une recherche quand elle s’éternise. Si les métiers en tension vous parlent, notre test des métiers en tension aide à situer votre profil, et le recrutement par simulation est la voie d’accès la plus directe pour y entrer sans le diplôme correspondant. Les plus jeunes trouveront de leur côté l’état du marché de l’alternance.
Questions fréquentes
D’où viennent ces chiffres et sont-ils fiables ?
Ils proviennent de l’enquête Besoins en main-d’œuvre de France Travail, une enquête annuelle menée auprès de 416 588 établissements entre octobre et décembre 2025, publiée le 21 avril 2026. Elle mesure des intentions d’embauche déclarées, pas des recrutements réalisés. C’est un excellent indicateur de tendance et de géographie, un mauvais indicateur du nombre de postes effectivement pourvus.
Faut-il déménager pour trouver un emploi plus facilement ?
Pas nécessairement, et la question mérite d’être posée dans l’autre sens. Une part élevée de projets difficiles signifie que les employeurs de votre région manquent de candidats, donc que votre candidature y pèse plus lourd. La mobilité se raisonne d’abord par métier : certaines professions ne sont en tension que dans quelques bassins, d’autres partout.
Un métier très recherché est-il forcément un bon plan ?
Non. Le volume ne dit rien de la qualité du poste. Les viticulteurs et arboriculteurs affichent 83 800 projets, mais plus de 95 % sont saisonniers. À l’inverse, l’industrie représente une part plus modeste des projets tout en concentrant des recrutements majoritairement permanents. Regardez toujours le couple volume et durée de contrat avant de vous engager dans une formation.
Guillaume Coudert