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Salaire

Salaires 2026 : les cadres sont les perdants du pouvoir d’achat

Les salaires de base ont progressé de 1,9 % sur un an fin juin 2026. Une fois l'inflation déduite, les cadres ne gagnent que 0,1 %, les employés 0,5 %.

Guillaume Coudert Guillaume Coudert 7 min de lecture
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Deux salariées comparent un document dans un bureau lumineux, illustration des écarts de salaire entre catégories en 2026
Les salaires de base ont progressé de 1,9 % sur un an fin juin 2026, mais le gain réel varie du simple au quintuple selon la catégorie socioprofessionnelle.

Les salaires de base du secteur privé ont augmenté de 1,9 % sur un an à fin juin 2026, pour une hausse des prix de 1,7 % sur la même période. Le gain de pouvoir d’achat est donc réel, mais il tient dans 0,2 point. Et il n’est pas partagé de la même façon : les employés gagnent 0,5 % en euros constants, les cadres et les ouvriers 0,1 %, les professions intermédiaires rien du tout. Ces chiffres viennent des résultats provisoires de l’enquête Acemo publiés par la Dares le 6 août 2026.

Ce que la Dares a mesuré au deuxième trimestre 2026

La Dares publie chaque trimestre deux indices. Le salaire mensuel de base, ou SMB, couvre l’ensemble des salariés. Le salaire horaire de base des ouvriers et des employés, ou SHBOE, ne couvre que ces deux catégories. Les deux mesurent le salaire hors primes, hors heures supplémentaires et hors intéressement : c’est la ligne fixe de votre bulletin de paie, celle sur laquelle se calculent ensuite les augmentations futures.

+1,9 %

Salaire mensuel de base sur un an, fin juin 2026

+2,1 %

Salaire horaire des ouvriers et employés sur un an

1,7 %

Hausse des prix hors tabac entre juin 2025 et juin 2026

11 500

Questionnaires d’entreprises exploités par la Dares

Le mouvement s’accélère légèrement. Le SMB progresse de 0,7 % sur le seul deuxième trimestre et de 1,9 % sur un an, après 1,7 % au trimestre précédent. Le SHBOE, lui, gagne 0,9 % sur le trimestre et 2,1 % sur un an, contre 1,7 % fin mars. Le champ de l’enquête couvre les entreprises de dix salariés ou plus du secteur privé en France hors Mayotte, hors agriculture, hors particuliers employeurs. Attention à la nature du chiffre : ce sont des résultats provisoires, établis sur 11 500 questionnaires reçus au 30 juillet 2026. Les résultats définitifs sont attendus le 25 septembre 2026 et peuvent bouger de quelques dixièmes.

Pourquoi 1,9 % ne veut pas dire 1,9 % de plus dans votre poche

Un salaire ne se lit pas seul, il se lit contre les prix. Entre juin 2025 et juin 2026, l’indice des prix à la consommation hors tabac a progressé de 1,7 %. Une fois cette hausse neutralisée, ce qu’on appelle raisonner en euros constants, le SMB ne gagne plus que 0,2 % et le SHBOE 0,3 %. Autrement dit : sur douze mois, le salarié moyen du privé a récupéré deux dixièmes de point de pouvoir d’achat. Pas de quoi changer une trajectoire de carrière.

Le vrai enseignement de la note est ailleurs, dans la ventilation par catégorie socioprofessionnelle.

Catégorie Sur le trimestre Sur un an En euros constants
Employés +1,0 % +2,3 % +0,5 %
Ouvriers +0,8 % +1,8 % +0,1 %
Cadres +0,5 % +1,8 % +0,1 %
Professions intermédiaires +0,5 % +1,7 % stable

Les cadres sont la catégorie la plus mal servie

Le constat est net et il va à rebours du réflexe habituel : la catégorie la mieux payée est celle qui progresse le moins vite. Les cadres affichent la plus faible hausse trimestrielle avec les professions intermédiaires, 0,5 %, et terminent l’année à 1,8 %, soit à peine au-dessus de l’inflation. Les employés, eux, sont à 2,3 %.

La note de la Dares ne fournit pas d’explication à cet écart, et il faut se garder d’en inventer une. On peut simplement rappeler deux éléments de contexte vérifiables. D’abord, le Smic horaire brut est passé à 12,02 euros au 1er janvier 2026, en hausse de 1,18 %, et il tire mécaniquement le bas des grilles conventionnelles vers le haut. Ensuite, les branches dont les minima passent sous le Smic se retrouvent obligées de réviser leurs grilles, ce qui bénéficie d’abord aux postes d’employés. Ce mouvement de resserrement de la distribution des salaires par le bas, la Dares l’a déjà documenté lors des épisodes inflationnistes précédents.

Par secteur d’activité, l’écart est plus resserré. L’industrie mène avec 2,1 % sur un an, soit 0,4 % en euros constants. Le tertiaire suit à 1,9 %, soit 0,2 %. La construction affiche 1,9 % sur un an mais reste stable en euros constants.

Secteur Sur le trimestre Sur un an En euros constants
Industrie +0,7 % +2,1 % +0,4 %
Tertiaire +1,0 % +1,9 % +0,2 %
Construction +0,5 % +1,9 % stable
Ensemble +0,7 % +1,9 % +0,2 %

Ce que ça change pour votre demande d’augmentation à la rentrée

Ces chiffres sont un outil de négociation, à condition de savoir lequel utiliser. Le salaire de base mesuré par la Dares est ce qui a été réellement versé. C’est un contrepoint utile aux prévisions issues des accords d’entreprise, qui tournaient autour de 1,73 % pour 2026 et que nous avons décryptées dans notre article sur l’augmentation de salaire 2026 face à l’inflation. Si votre employeur vous annonce une enveloppe alignée sur la moyenne, vous savez désormais que cette moyenne recouvre des situations très différentes.

Trois réflexes pour la rentrée. Un, demandez à votre employeur si la revalorisation porte sur le salaire de base ou sur une prime : seule la première se cumule d’année en année. Deux, comparez votre progression à celle de votre catégorie, pas à la moyenne nationale, en vous appuyant sur le tableau ci-dessus. Trois, vérifiez ce que la loi vous permet désormais de savoir sur les rémunérations pratiquées autour de vous, un droit qui évolue avec la transparence salariale.

Si vous envisagez plutôt de changer d’entreprise pour aller chercher cette hausse, gardez en tête l’état du marché : le nombre de candidatures par offre augmente, comme le montrent les données que nous avons rassemblées sur le marché de l’emploi en 2026, et le recrutement des cadres s’est allongé, avec trois filtres à passer avant même de rencontrer le manager. Pour les jeunes diplômés, les repères sont différents et détaillés dans notre article sur le salaire du premier emploi en 2026.

Questions fréquentes sur les salaires en 2026

De combien les salaires ont-ils augmenté en 2026 ?

Le salaire mensuel de base du secteur privé a progressé de 1,9 % sur un an à fin juin 2026, et de 0,7 % sur le seul deuxième trimestre, selon les résultats provisoires de l’enquête Acemo de la Dares publiés le 6 août 2026. Le salaire horaire de base des ouvriers et des employés progresse un peu plus vite, à 2,1 % sur un an.

Les salaires augmentent-ils plus vite que l’inflation en 2026 ?

Oui, mais de peu. Les prix hors tabac ont augmenté de 1,7 % entre juin 2025 et juin 2026. Une fois cette hausse déduite, le gain de pouvoir d’achat sur le salaire de base est de 0,2 % en moyenne, avec de fortes différences selon la catégorie socioprofessionnelle.

Pourquoi les cadres gagnent-ils moins de pouvoir d’achat que les employés ?

Les cadres affichent 1,8 % de hausse sur un an contre 2,3 % pour les employés, soit 0,1 % contre 0,5 % en euros constants. La Dares ne commente pas cet écart dans sa note de conjoncture. Le contexte connu est celui d’une revalorisation du Smic au 1er janvier 2026 à 12,02 euros de l’heure, qui pousse les grilles conventionnelles par le bas et profite d’abord aux postes d’employés.

Ces chiffres sont-ils définitifs ?

Non. Il s’agit de résultats provisoires établis sur 11 500 questionnaires reçus au 30 juillet 2026. La Dares publiera les résultats définitifs du deuxième trimestre 2026 le 25 septembre 2026. Le calendrier des parutions de la Dares permet de suivre ces publications, et la fiche de définition du salaire mensuel de base précise ce que l’indice mesure exactement.

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