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Palmarès et enquêtes

Lettre de motivation : un recruteur sur cinq y croit encore

La 16e enquête Hellowork le dit sans détour : la lettre de motivation ne départage plus. Ce que les recruteurs lisent vraiment, et ce qui la remplace.

Guillaume Coudert Guillaume Coudert 6 min de lecture
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Candidate reflechissant devant un carnet de notes avant de rediger sa candidature
Source : 16e enquête Hellowork sur les pratiques des candidats et des recruteurs, publiée le 19 novembre 2025 sur Hellowork.

Seul un chargé de recrutement sur cinq juge encore la lettre de motivation importante. C’est le constat de la 16e édition de l’enquête Hellowork sur les pratiques des candidats et des recruteurs. La raison tient en partie à l’intelligence artificielle : parmi les candidats qui utilisent l’IA dans leur recherche, près de 73 % s’en servent pour rédiger cette lettre. Elle est devenue trop facile à produire pour départager qui que ce soit.

Ce que dit l’enquête, chiffres à l’appui

L’étude, publiée en novembre 2025, mesure un basculement d’usage plus qu’un effet de mode. L’IA n’est plus un gadget de curieux : elle est entrée dans la routine de la moitié des candidats, et bien davantage chez les plus jeunes.

50 %

des candidats utilisent l’IA dans leur recherche d’emploi

63 %

chez la génération Z, née à partir de 1995

73 %

de ces utilisateurs s’en servent pour la lettre de motivation

1 sur 5

chargés de recrutement jugent encore la lettre importante

Le verdict de l’enquête

« Avec une baisse d’usage qui s’accentue depuis de nombreuses années, la question de sa disparition est plus que jamais d’actualité. »

Ce qui prend sa place : la préparation visible

Le paradoxe est intéressant. Les recruteurs accordent moins de crédit à la lettre, mais ils attendent des candidats mieux informés qu’avant. Les sources se sont diversifiées : les candidats consultent d’abord le site RH de l’entreprise, puis les articles en ligne qui lui sont consacrés, puis les réseaux sociaux.

Autrement dit, l’effort de personnalisation n’a pas disparu, il a changé de support. Ce qui se jouait dans un paragraphe convenu se joue désormais dans la précision de vos questions et dans votre connaissance réelle de l’entreprise. Nous avons détaillé cinq questions utiles dans notre article sur les questions à poser pour débusquer les vraies valeurs d’une entreprise.

En contrepartie, les candidats réclament la même transparence sur le processus : savoir combien d’étapes les attendent, et quand. C’est devenu un critère de jugement de l’employeur à part entière.

Le salaire cesse d’être tabou

L’autre bascule identifiée par l’enquête concerne la rémunération, avec l’arrivée de la directive européenne sur la transparence des salaires, qui imposera l’affichage d’un montant ou d’une fourchette dans les offres. Nous avons détaillé ce que ce texte change concrètement pour les candidats, et pourquoi son application française a pris du retard.

François Leverger, dirigeant de Hellowork

« Ce qui était tabou deviendra une évidence. Nous sommes d’ailleurs déjà prêts puisque sur notre site 90 % des offres affichent une rémunération ou une estimation. »

Faut-il arrêter d’écrire une lettre de motivation ?

Non, mais il faut arrêter d’en écrire une par réflexe. Trois cas de figure méritent d’être distingués.

Quand elle est explicitement demandée, écrivez-la, et écrivez-la court. Une lettre attendue et bâclée coûte plus cher qu’une lettre absente.

Quand elle est facultative, remplacez-la par ce qui se vérifie : un exemple précis, un résultat chiffré, un lien vers une réalisation. C’est ce qui résiste à la suspicion de texte généré.

Quand votre parcours a besoin d’être expliqué, elle redevient utile. Une reconversion, une rupture de trajectoire, une mobilité géographique se racontent mal dans un CV et très bien en quelques lignes.

Dans tous les cas, la même règle que pour le reste de la candidature s’applique : n’écrivez rien que vous ne puissiez défendre à l’oral. Nous l’expliquons dans notre guide sur l’utilisation de l’IA pour sa candidature.

Questions fréquentes

Les recruteurs détectent-ils une lettre écrite par une IA ?

Ils n’ont pas besoin de la détecter techniquement. Le reproche formulé dans l’enquête porte sur le caractère convenu et le manque d’authenticité du résultat, pas sur l’outil utilisé. Une lettre générique se repère à la lecture.

La lettre de motivation va-t-elle disparaître ?

L’enquête Hellowork pose ouvertement la question, en constatant une baisse d’usage qui s’accentue depuis plusieurs années. Elle reste toutefois demandée dans une partie des processus, notamment dans le secteur public et pour certains recrutements très encadrés.

Que regardent les recruteurs à la place ?

Le CV, et de plus en plus la cohérence entre votre candidature, votre profil en ligne et vos réponses en entretien. Les candidats sont aussi attendus mieux informés sur l’entreprise qu’ils visent.

La lettre de motivation n’est pas morte, elle a perdu son statut de passage obligé. L’effort qu’elle absorbait est mieux investi ailleurs : dans la préparation de l’entretien et dans la cohérence de votre candidature, un sujet que nous avons traité dans notre article sur ce que les recruteurs regardent vraiment.

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