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Salaire

Heures supplémentaires : ce qu’elles rapportent vraiment en net

Majoration de 25 %, réduction de cotisations de 11,31 % et exonération d'impôt jusqu'à 7 500 € : le vrai gain d'une heure sup en 2026, chiffres à l'appui.

Guillaume Coudert Guillaume Coudert 6 min de lecture
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Deux collegues echangent sur un dossier tard le soir dans un bureau eclaire
Une heure supplémentaire se paie plus cher qu'une heure normale, mais le gain réel dépend de trois mécanismes distincts.

Une heure supplémentaire rapporte au minimum 25 % de plus qu’une heure normale pour les huit premières de la semaine, puis 50 % au-delà, sauf accord collectif qui fixe un autre taux, jamais inférieur à 10 %. À ce brut majoré s’ajoutent deux avantages qui n’existent pas sur le salaire de base : une réduction de cotisations salariales de 11,31 % et une exonération d’impôt sur le revenu jusqu’à 7 500 euros nets par an. En septembre 2026, ces trois règles sont en vigueur et le plafond de 7 500 euros n’a pas bougé, malgré un vote de l’Assemblée nationale en sens contraire à l’automne 2025.

Ce qui fait la différence entre une heure normale et une heure supplémentaire

Le code du travail est simple sur le principe : toute heure accomplie à la demande de l’employeur au-delà de 35 heures par semaine (ou 1 607 heures par an) est une heure supplémentaire. En l’absence de convention collective ou d’accord d’entreprise, la majoration légale s’applique : 25 % de la 36e à la 43e heure, 50 % à partir de la 44e. Un accord peut prévoir un taux différent, avec un plancher de 10 %. Le décompte se fait par semaine civile, du lundi 0 heure au dimanche 24 heures, et le montant doit apparaître sur votre fiche de paie, ligne par ligne.

Deux catégories échappent au dispositif : les cadres dirigeants et les salariés au forfait annuel en jours. Si vous êtes cadre au forfait jours, vos heures au-delà de 35 ne sont pas des heures supplémentaires, et c’est souvent là que le sentiment de travailler gratuitement prend racine.

25 %

Majoration légale de la 36e à la 43e heure

50 %

Majoration légale à partir de la 44e heure

11,31 %

Réduction de cotisations salariales sur les heures sup

7 500 €

Plafond annuel d’exonération d’impôt sur le revenu

Combien reste-t-il en net : le calcul sur un exemple concret

Sur une fiche de paie classique, les cotisations salariales représentent autour de 22 % du brut. Sur une heure supplémentaire, l’État vous rend 11,31 points sous forme de réduction de cotisations d’assurance vieillesse, appliquée directement par l’employeur. Le prélèvement social tombe donc à un ordre de grandeur de 11 %. Puis l’impôt sur le revenu ne s’applique pas sur la rémunération nette de ces heures, majoration comprise, tant que vous restez sous 7 500 euros dans l’année.

Ce calcul explique pourquoi une heure supplémentaire vaut mieux, en net, qu’une augmentation équivalente du salaire de base. Il explique aussi pourquoi certaines entreprises préfèrent les heures sup aux embauches. Pour situer ces montants, notre article sur le passage du salaire brut au net détaille chaque ligne de cotisation, et celui sur le SMIC 2026 donne les montants de référence.

Le plafond de 7 500 euros a failli disparaître

À l’automne 2025, lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2026, l’Assemblée nationale a voté un amendement supprimant le plafond de 7 500 euros, ce qui aurait rendu les heures supplémentaires totalement exonérées d’impôt. La mesure n’a pas été conservée dans le texte final : en 2026, le plafond s’applique toujours. Si vos heures supplémentaires vous rapportent plus de 7 500 euros nets dans l’année, le surplus rejoint votre revenu imposable, et il est prérempli dans votre déclaration.

Situation Majoration Cotisations salariales Impôt sur le revenu
Heure normale Aucune Taux plein, environ 22 % Imposable
Heure sup, 36e à 43e heure 25 % minimum (10 % si accord) Réduction de 11,31 points Exonérée jusqu’à 7 500 € nets par an
Heure sup, 44e heure et plus 50 % minimum Réduction de 11,31 points Exonérée jusqu’à 7 500 € nets par an
Heure complémentaire (temps partiel) 10 %, puis 25 % au-delà du dixième Réduction de 11,31 points Exonérée jusqu’à 7 500 € nets par an

Ce que vous pouvez refuser, et ce que vous pouvez réclamer

En principe, un salarié ne peut pas refuser les heures supplémentaires demandées par son employeur. Une exception tient : si vous n’avez pas été prévenu suffisamment tôt, un refus ponctuel ne peut pas être sanctionné. À l’inverse, des heures que vous faites de votre propre initiative, sans demande, ne sont pas dues. Sauf si la charge de travail confiée les rendait nécessaires : dans ce cas, l’accord de l’employeur est réputé implicite, par exemple lorsqu’il valide vos heures dans le logiciel de pointage sans rien dire.

Le contingent annuel, fixé à 220 heures par défaut, marque une autre frontière. Au-delà, chaque heure ouvre droit à une contrepartie obligatoire en repos, 50 % dans les entreprises de 20 salariés au plus, 100 % au-dessus. Et si vos heures ne sont pas payées, gardez vos relevés, vos courriels et votre agenda : ils suffisent devant le conseil de prud’hommes pour justifier un rappel de salaire. Cette mécanique s’ajoute à ce que vous pouvez obtenir par ailleurs, qu’il s’agisse de demander une augmentation ou de renégocier votre rémunération globale.

Questions fréquentes

Les heures supplémentaires comptent-elles pour la retraite ?

Oui. La réduction de 11,31 % porte sur les cotisations d’assurance vieillesse, mais elle n’ampute pas vos droits : les heures sont prises en compte pour la retraite de base et la complémentaire comme des heures normales.

Puis-je choisir le repos plutôt que le paiement ?

Seulement si un accord collectif ou votre employeur le prévoit. Le repos compensateur de remplacement est alors équivalent à la majoration : une heure payée à 50 % donne 1 h 30 de repos.

Un jour férié dans la semaine change-t-il le calcul ?

Oui, dans un sens défavorable. Sauf usage ou accord contraire, les heures non travaillées à cause d’un jour férié ne comptent pas comme du temps de travail effectif pour déclencher les heures supplémentaires. Les congés payés, eux, comptent.

Le télétravail donne-t-il droit aux heures supplémentaires ?

Oui, aux mêmes conditions. Le point délicat est la preuve de la demande de l’employeur, d’où l’intérêt de garder une trace écrite. Notre article sur le télétravail et vos droits détaille ce qui peut être exigé à distance.

Les règles détaillées sont consultables sur la fiche Service-Public.fr sur les heures supplémentaires, vérifiée le 8 juin 2026, et dans les articles L3121-27 à L3121-31 du code du travail.

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