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Salaire

Frais de transport : les 50 % obligatoires et le forfait vélo

Abonnement remboursé à 50 % minimum, jusqu'à 75 % exonérés, 600 € de forfait mobilités durables à vélo ou en covoiturage : ce que l'employeur vous doit en 2026.

Guillaume Coudert Guillaume Coudert 6 min de lecture
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Un homme traverse une rue de centre-ville a velo pour se rendre au travail
Le remboursement des transports en commun est une obligation légale. Le vélo, le covoiturage et la voiture relèvent du bon vouloir de l'employeur.

Votre employeur doit vous rembourser au moins 50 % de votre abonnement de transports en commun ou de location de vélo, quelle que soit la taille de l’entreprise, temps partiel et stagiaires compris. Cette prise en charge est exonérée d’impôt et de cotisations, et elle le reste jusqu’à 75 % du prix de l’abonnement si l’entreprise décide d’aller au-delà du minimum en 2026. Pour la voiture, le vélo personnel ou le covoiturage, rien n’est obligatoire, mais deux dispositifs existent : le forfait mobilités durables, jusqu’à 600 euros par an exonérés, et la prime transport, 300 euros pour un véhicule thermique, 600 euros pour un électrique ou hybride rechargeable. Tous ces montants doivent apparaître sur votre bulletin de paie.

Transports en commun : ce que l’employeur vous doit

L’article L3261-2 du code du travail impose la prise en charge de 50 % du prix des abonnements de transports publics (métro, bus, tramway, train) et des services publics de location de vélo, sur la base du tarif de seconde classe et du trajet le plus court. Seuls les abonnements comptent, hebdomadaires, mensuels ou annuels : les tickets à l’unité ne sont jamais remboursés. Le remboursement est mensuel, y compris pour un abonnement annuel, au plus tard à la fin du mois qui suit l’achat, sur présentation du titre.

Deux règles pratiques évitent les malentendus. Si vous êtes absent une partie du mois, la prise en charge reste due dès lors que l’abonnement a servi au moins une fois dans le mois. Et si vous travaillez moins qu’un mi-temps, la prise en charge est proratisée : un salarié à 15 heures par semaine dans une entreprise à 35 heures touche 15/17,5 de la moitié du prix.

Vélo, covoiturage, voiture : les dispositifs facultatifs

Pour les trajets sans transports en commun, la loi n’oblige à rien. L’employeur peut mettre en place une prise en charge par accord collectif ou par décision après consultation du comité social et économique, à condition qu’elle profite à tous les salariés dans les mêmes conditions. Deux outils coexistent, avec des plafonds d’exonération distincts.

Dispositif Modes concernés Obligatoire ? Plafond exonéré en 2026
Prise en charge des abonnements Métro, bus, tramway, train, vélo en libre-service Oui, 50 % minimum Exonération jusqu’à 75 % du prix de l’abonnement
Forfait mobilités durables Vélo personnel, covoiturage, trottinette ou scooter en location, autopartage non thermique Non 600 € par an
Prime transport, véhicule thermique Voiture ou deux-roues personnel, si pas de transports en commun ou horaires incompatibles Non 300 € par an
Prime transport, véhicule électrique, hybride rechargeable ou hydrogène Même conditions Non 600 € par an

La prime transport pour véhicule personnel obéit à une condition stricte : votre domicile ou votre lieu de travail doit se situer hors d’Île‑de‑France et hors d’une zone desservie par des transports urbains, ou vos horaires doivent rendre la voiture indispensable. Elle est exclue si vous disposez d’une voiture de fonction avec carburant pris en charge, d’un logement de fonction, ou d’un transport gratuit organisé par l’entreprise.

50 %

Prise en charge minimale obligatoire des abonnements de transports publics

75 %

Plafond d’exonération si l’employeur va au-delà, en 2026

600 €

Forfait mobilités durables maximal exonéré par an

90,80 €

Prix du forfait Navigo mensuel toutes zones en 2026

Ce que ça change dans une négociation d’embauche

Le transport est l’un des rares postes où l’entreprise peut améliorer votre net sans augmenter le brut, donc sans cotisations pour elle non plus. Passer la prise en charge de l’abonnement de 50 à 75 %, ouvrir le forfait mobilités durables, ou cumuler les deux quand vous alternez vélo et train, coûte moins cher à l’employeur qu’une augmentation équivalente. Ce sont des arguments à sortir quand la marge sur le salaire de base est épuisée, au même titre que les titres-restaurant ou la prise en charge de la rémunération globale dans son ensemble.

Le télétravail ne supprime pas le droit au remboursement : si vous venez au bureau ne serait-ce qu’une fois dans le mois avec votre abonnement, les 50 % restent dus en totalité. Certaines entreprises tentent de proratiser au nombre de jours sur site, ce que la règle n’autorise pas pour un abonnement mensuel utilisé au moins une fois. Notre article sur le télétravail et vos droits détaille ce point, et celui sur le coût des trajets domicile-travail en Île‑de‑France chiffre ce que représente le transport dans un budget de salarié.

Questions fréquentes

Mon employeur peut-il exiger un justificatif chaque mois ?

Il peut demander la présentation ou la remise du titre. Pour un abonnement annuel, une attestation du gestionnaire suffit en général. Une attestation sur l’honneur est admise pour un abonnement de vélo en libre-service sans nom, ou si vous êtes intérimaire. Tout changement des règles de remboursement doit vous être annoncé un mois à l’avance.

Le remboursement apparaît-il sur ma fiche de paie ?

Oui, c’est obligatoire, sur une ligne distincte du salaire. S’il n’y figure pas, réclamez-le par écrit : l’employeur reste redevable des sommes non versées.

Puis-je cumuler le forfait mobilités durables et le remboursement de l’abonnement ?

Oui, quand vous combinez les deux modes, par exemple vélo jusqu’à la gare puis train. L’exonération globale est alors plafonnée, et le forfait mobilités durables ne peut pas se substituer à la prise en charge obligatoire de l’abonnement.

Je suis stagiaire, ai-je droit au remboursement ?

Oui. La prise en charge de 50 % des abonnements s’applique aux stagiaires dans les mêmes conditions qu’aux salariés. Pour le reste de vos droits, notre guide sur le calcul du salaire net aide à lire la première fiche de paie.

Sources : la fiche Service-Public.fr sur le remboursement des frais de transport, vérifiée le 25 février 2026, et les tarifs 2026 d’Île‑de‑France Mobilités.

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