Période de reconversion : changer de métier sans démissionner
Depuis le 1er février 2026, la période de reconversion remplace la Pro-A : formation financée par l'Opco, salarié maintenu, accord écrit obligatoire. Mode d'emploi.
La période de reconversion, entrée en vigueur le 1er février 2026 en application de la loi du 24 octobre 2025, permet à un salarié de se former à un nouveau métier tout en restant salarié, avec une formation financée par l’opérateur de compétences de son entreprise. Elle est ouverte à tous les salariés, CDD compris, sans condition d’âge, d’expérience ni de niveau de qualification, pour préparer une certification inscrite au répertoire national, un certificat de qualification professionnelle ou des blocs de compétences. Elle peut être interne, pour changer de métier dans la même entreprise, ou externe, pour rejoindre un autre employeur. La condition centrale : un accord écrit entre vous et votre employeur, qui dépose le dossier auprès de l’opérateur de compétences au moins trente jours avant le début de la formation. Sans cet accord, pas de période de reconversion.
Période de reconversion : ce que le dispositif change
Jusqu’en janvier 2026, un salarié qui voulait se reconvertir sans démissionner avait deux voies principales : la Pro-A, réservée aux CDI et aux qualifications inférieures à un niveau donné, et les transitions collectives, réservées aux entreprises engagées dans un accord. La fiche publiée par Service-Public.fr le 13 février 2026 résume la réforme : les deux dispositifs disparaissent au profit d’un seul, sans critère d’âge, d’expérience ni de qualification, et ouvert aux salariés en CDD. Les contrats Pro-A signés avant 2026 restent valables jusqu’à leur terme.
| Repère | Période de reconversion (depuis le 1er février 2026) |
|---|---|
| Qui | Tout salarié, CDI ou CDD, sans condition d’âge, d’expérience ou de niveau |
| Pour quoi | Une certification du répertoire national, un certificat de qualification de branche ou interbranche, ou des blocs de compétences |
| Interne ou externe | Changer de métier chez son employeur, ou préparer un métier chez un autre employeur |
| Financement | Opérateur de compétences : 9,15 € par heure à défaut d’accord de branche, prise en charge moyenne fixée à 5 000 € ; CPF mobilisable avec l’accord du salarié |
| Formalité | Accord écrit salarié-employeur ; dossier déposé par l’employeur à l’Opco au moins 30 jours avant le début |
| Interruption | L’employeur informe l’Opco sous 30 jours |
Un détail protège le salarié : la loi interdit à un organisme de formation de conditionner l’inscription en période de reconversion au versement d’une contribution financière par le salarié, hors mobilisation volontaire de son CPF. Autrement dit, la formation ne doit rien vous coûter.
1er février 2026
entrée en vigueur du dispositif, décrets du 28 janvier 2026
5 000 €
montant moyen de prise en charge par l’opérateur de compétences
30 jours
délai de dépôt du dossier par l’employeur avant le début de la formation
Interne ou externe : deux usages très différents
La reconversion interne est le cas le plus simple à obtenir. L’entreprise a besoin d’une compétence qu’elle ne trouve pas sur le marché (technicien de maintenance, électricien, développeur, conducteur), elle a un salarié motivé sur un poste appelé à évoluer ou à disparaître, et l’Opco finance la formation. Vous restez salarié, avec votre contrat et votre rémunération, et vous changez de métier à la fin de la formation. Pour l’employeur, c’est moins cher et moins risqué qu’un recrutement ; c’est l’argument à mettre en avant.
La reconversion externe est plus délicate : vous demandez à votre employeur actuel de financer et d’organiser votre départ vers un autre métier chez un autre employeur. Elle suppose un accord entre les deux entreprises et vous, et elle intéresse surtout les entreprises en réduction d’effectifs, qui préfèrent accompagner une mobilité que financer un licenciement. Si vous êtes dans une entreprise qui va bien et qui n’a pas besoin de votre nouveau métier, le projet de transition professionnelle, financé par Transitions Pro, ou la démission-reconversion, que nous détaillions dans notre article sur la démission pour reconversion, sont souvent plus adaptés.
Comment obtenir l’accord de votre employeur
Le dispositif repose sur un accord écrit, ce qui signifie que votre projet doit répondre à un besoin de l’entreprise, pas seulement au vôtre. Trois arguments fonctionnent. Le premier est le coût : une reconversion financée par l’Opco coûte moins cher à l’employeur qu’un recrutement externe sur un métier en tension, dont nous dressions la liste dans notre article sur les métiers en tension en 2026. Le deuxième est le calendrier : une formation programmée avant la disparition d’un poste évite une procédure de licenciement. Le troisième est l’entretien professionnel, obligatoire tous les deux ans, dont les décrets de janvier 2026 ont précisé le contenu : c’est le moment prévu par la loi pour poser le sujet, avec un projet documenté.
Préparez le dossier comme une candidature : la certification visée et son inscription au répertoire national, l’organisme, la durée, le rythme d’alternance, et ce que l’entreprise y gagne. Si votre employeur refuse, demandez les motifs par écrit et gardez les autres voies ouvertes : le compte personnel de formation, dont nous expliquions les règles 2026 dans notre article sur le financement d’une reconversion avec le CPF, le projet de transition professionnelle, ou la validation des acquis. Notre guide de la reconversion professionnelle compare ces dispositifs selon votre situation.
Questions fréquentes sur la période de reconversion
Suis-je payé pendant la formation ?
En reconversion interne, vous restez salarié de votre entreprise pendant toute la période, et votre contrat de travail continue de s’appliquer. En reconversion externe, l’accord écrit fixe les modalités, notamment le statut et la rémunération pendant la formation ; lisez-le ligne à ligne avant de signer.
Mon employeur peut-il m’imposer une période de reconversion ?
Non. Le dispositif peut être proposé par l’employeur ou demandé par le salarié, mais il suppose un accord écrit des deux parties. Un refus du salarié ne constitue pas une faute. À l’inverse, l’employeur n’est pas tenu d’accepter une demande, mais il doit conduire les entretiens professionnels prévus par la loi et y aborder les perspectives d’évolution.
Que deviennent la Pro-A et les transitions collectives ?
Elles sont remplacées par la période de reconversion depuis le 1er février 2026. Les contrats Pro-A conclus avant 2026 se poursuivent jusqu’à leur terme dans les conditions initiales. Les nouveaux projets passent par le dispositif unique.
Guillaume Coudert