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Intérim en 2026 : droits, indemnités et reprise du marché

L'emploi intérimaire repasse en hausse en mai 2026. Indemnité de fin de mission, congés payés, égalité de salaire, CDI intérimaire : ce qu'un candidat doit savoir.

Guillaume Coudert Guillaume Coudert 7 min de lecture
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Un candidat échange avec une recruteuse au comptoir d'une agence d'intérim moderne
Après trois ans de repli, l'emploi intérimaire repasse dans le vert au printemps 2026. Pour un candidat, le contrat de mission reste l'une des portes d'entrée les plus rapides vers l'emploi, à condition d'en connaître les règles.

L’intérim repose sur un triangle : l’agence d’emploi est votre employeur, l’entreprise utilisatrice vous accueille pour une mission, et vous signez un contrat de mission pour une durée ou un objet précis. À la fin de chaque mission, deux indemnités s’ajoutent à votre salaire : l’indemnité de fin de mission, égale à 10 % de la rémunération brute totale, et l’indemnité compensatrice de congés payés, égale à 10 % de la rémunération brute augmentée de l’indemnité de fin de mission. Vous devez percevoir le même salaire qu’un salarié de l’entreprise utilisatrice au même poste. En mai 2026, l’intérim représentait 681 540 équivalents temps plein en France, en hausse de 0,5 % sur un an, première progression annuelle depuis décembre 2022 selon Prism’emploi. Le marché rouvre, et il rouvre d’abord par l’intérim.

Intérim en 2026 : un marché qui redémarre par l’industrie et la logistique

Le baromètre mensuel de Prism’emploi, la fédération des agences d’emploi, mesure l’emploi intérimaire en équivalents temps plein. Après une année 2025 en baisse moyenne de 4,6 %, les premiers mois de 2026 marquent une stabilisation (-0,1 % en janvier, -0,6 % en février, -2,9 % en mars, -1,1 % en avril), puis un retour en positif en mai (+0,5 %). L’intérim est historiquement le premier indicateur à bouger quand l’activité repart, parce que les entreprises ajoutent des renforts temporaires avant d’embaucher en CDI.

Mois Emploi intérimaire (ETP) Évolution sur un an
Janvier 2026 non détaillé dans le résumé publié -0,1 %
Février 2026 655 000 -0,6 %
Mars 2026 661 700 -2,9 %
Avril 2026 684 900 -1,1 %
Mai 2026 681 540 +0,5 %, première hausse annuelle depuis décembre 2022

Pour un candidat, cette reprise signifie deux choses : des missions plus nombreuses dans l’industrie, la logistique et le BTP dès la rentrée, et un levier pour entrer dans une entreprise qui n’ouvre pas encore de CDI. Beaucoup de recrutements de fin d’année, dont ceux que nous décrivions dans notre article sur les jobs de Noël, passent d’ailleurs par des agences d’intérim partenaires.

681 540

équivalents temps plein en intérim en mai 2026, +0,5 % sur un an

10 %

indemnité de fin de mission, calculée sur la rémunération brute totale

10 %

indemnité de congés payés, calculée sur le brut augmenté de l’indemnité de fin de mission

Vos droits en mission : ce que l’agence doit vous garantir

Le principe central est l’égalité de traitement, rappelé par Service-Public.fr : votre rémunération ne peut pas être inférieure à celle que percevrait, après période d’essai, un salarié de l’entreprise utilisatrice de qualification équivalente au même poste. Cela inclut le salaire de base, mais aussi les primes et accessoires prévus par la convention de l’entreprise utilisatrice, les tickets restaurant et l’accès aux équipements collectifs. Un intérimaire payé moins que le titulaire qu’il remplace peut réclamer la différence.

Le contrat de mission doit être écrit et vous être remis dans les deux jours ouvrables suivant votre mise à disposition. Il mentionne le motif du recours, la durée ou le terme, la qualification, le lieu, les horaires et la rémunération avec ses composantes. Sans contrat écrit dans ce délai, la mission peut être requalifiée en CDI avec l’entreprise utilisatrice. À la fin de la mission, l’indemnité de fin de mission de 10 % n’est pas due si vous refusez un CDI proposé pour le même emploi, si vous rompez la mission de votre initiative, ou en cas de faute grave.

Comment utiliser l’intérim pour construire une carrière

Première règle : choisissez vos agences comme vous choisiriez un employeur. Une agence spécialisée dans votre secteur connaît les entreprises, négocie des taux horaires cohérents et vous propose des missions en continuité. Inscrivez-vous dans deux ou trois agences, pas dix, et tenez vos disponibilités à jour : un intérimaire injoignable disparaît des listes en quelques semaines.

Deuxième règle : documentez chaque mission. Poste, entreprise, durée, compétences mises en œuvre, résultat. Six missions bien décrites font un CV plus convaincant que trois lignes « intérim divers ». Notre guide du CV 2026 montre comment présenter une expérience fragmentée sans la faire paraître instable.

Troisième règle : visez le CDI intérimaire ou l’embauche directe quand la mission dure. Le CDI intérimaire, signé avec l’agence, garantit une rémunération minimale entre deux missions ; l’embauche par l’entreprise utilisatrice est possible à tout moment, sans que l’agence puisse s’y opposer, et l’ancienneté acquise en mission compte alors pour la période d’essai. Si l’entreprise vous propose un CDI, comparez la rémunération globale avec ce que vous touchiez en mission, indemnités comprises : notre article sur la rémunération globale détaille la méthode. Et si l’agence vous propose une formation, acceptez : la branche du travail temporaire dispose de fonds dédiés, et les certifications obtenues en mission restent à vous.

Questions fréquentes sur l’intérim

Un intérimaire a-t-il droit au chômage entre deux missions ?

Oui, sous les conditions ordinaires d’affiliation à l’assurance chômage, avec les règles de cumul entre allocation et revenus d’activité. Les périodes de mission comptent pour l’ouverture et le rechargement des droits. Le CDI intérimaire, lui, garantit une rémunération par l’agence pendant les intermissions, sans passer par l’assurance chômage.

L’entreprise peut-elle me garder en intérim indéfiniment ?

Non. Le recours à l’intérim est limité à des motifs précis (remplacement, accroissement temporaire d’activité, emploi saisonnier ou d’usage) et à une durée maximale, généralement 18 mois renouvellements compris, sauf accord de branche. Au-delà, ou en cas de mission destinée à pourvoir durablement un poste permanent, la requalification en CDI peut être demandée.

Puis-je refuser une mission proposée par l’agence ?

Oui, en intérim classique : vous n’êtes lié qu’aux missions que vous acceptez. En CDI intérimaire, le contrat prévoit un périmètre de missions (métiers, zone géographique, rémunération minimale) et un refus hors de ce périmètre reste possible, mais un refus répété dans le périmètre peut être sanctionné.

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